Biographie – Xavier Bertrand par Ian Hamel

5 février 2010

Biographie – le portrait de Xavier Bertrand – Editions de l’Archipel – fev 2010.

Ian Hamel, son auteur résume sans concession son propos. Faux gentil, vrai méchant ?

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Sauf que je ne suis pas parvenu à mettre l’ITV en ligne !

Livre : bio du fondateur de la Croix Rouge, une vie tumultueuse

30 janvier 2010

A lire : la vie tumultueuse et contrastée du co-fondateur de la Croix Rouge, Henri Dunant

«Henry Dunant, la Croix d’un homme», par Corinne Chaponnière. Préface de Rony Brauman. 516 pages. Editions Perrin, Paris, 2010. En librairie début février.

Thèse 100 ans de Paris au Moyen Âge

29 janvier 2010

L’archiviste d’élite qui gère mon fonds aux Archives nationales annonce que sa thèse de doctorat, soutenue en Sorbonne en 2005, vient d’être publiée, après quinze années de recherches, en décembre 2009 aux éditions Honoré Champion :

Cens et rentes à Paris au Moyen Âge : documents et méthodes de gestion domaniale ; préface de Jean Favier, membre de l’Institut. Paris, H. Champion, 2009. 2 vol. in-8°, 1519 p., 215 ill., 3 cartes hors texte (Histoire et archives ; hors-série n° 10).

Cette publication concerne plus d’une centaine d’institutions et propriétaires fonciers parisiens, tant ecclésiastiques que laïques, du xiie au xve siècle, un corpus de 2 485 documents de gestion (principalement censiers et comptes de censive) dont 1 565 conservés, et traite successivement des points suivants : cadre géographique, hommes (étude prosopographique des commanditaires et des receveurs), corpus documentaire (précédé d’une typologie des sources), étude codicologique, modes d’élaboration (du brouillon au lieu de mémoire) et méthodes de gestion domaniale.: 100

Psychologie sur France 3 : où le thérapeuthe ?

28 janvier 2010

Un de mes correspondants attire mon attention sur une excellente émission de Frédéric Taddei, “ce soir.. ou jamais”, sur France 3, mercredi soir :

Sur France 3, dans l’excellente emission de Taddei un neurobiologiste a osé la comparaison avec une « psychothérapie de groupe » où chacun vient exposer ses problèmes à celui qui doit les aider à les résoudre. Il précise sa pensée en disant que

« souvent, celui qui a été designé comme psychothérapeute est celui qui est le plus en souffrance »

Télé : les anti-éoliens sur Arte

27 janvier 2010

Télé-Arte- Ce soir, diffusion à 19h30 sur ARTE (émission GLOBAL MAG) d’une enquête sur les anti-éoliens en France réalisée par Donatien Lemaître.

En France, on le sait, les recours contre les promoteurs éoliens se multiplient. Derrière ces contestations locales, on retrouve souvent la même organisation : la FED, la “Fédération Environnement Durable”. Un nom écolo mais ne vous y trompez pas, c’est le lobby anti-éolien en France.

On accuse ses membres  d’être téléguidés en sous-main par le lobby de l’atome… Faux, répond le Président de la FED, Jean-Louis Butré : il  met plutôt en avant son réseau d’influence. Dans les petits papiers de la fédération, un soutien de poids, Valery Giscard d’Estaing. L’ancien Président de la République nous explique, face caméra, qu’il fait du “lobbying” auprès de Nicolas Sarkozy pour obtenir un moratoire sur l’installation des éoliennes.

Télé-reportage : la Saison des Pirates

27 janvier 2010

Télévision, France 5, 26 janvier, Olivier Joulie. Avec ce puissant magazine reportage consacré au problème de la piraterie au large de la Somalie émerge enfin le nom d’Olivier Joulie, un jeune réalisateur issu de la télé Bouygues LCI et qui a accepté courageusement de se lancer dans l’aventure du reportage dur.

Il s’agissait ici de montrer l’angoisse des pêcheurs de thon espagnols et français au large de la Somalie, face à la menace de la piraterie ; d’insister sur les mesures de protection assurées par l’opération internationale Atalante, en particulier par l’embarquement de fusillers-marins commandos français à bord des thonies français. Et surtout, et avant tout, d’expliquer le pourquoi et le comment de la piraterie.

Avec culot, Joulie a entraîné son équipe dans les villages de la côte pour rencontrer les pirates. dont les “proches” ont parlé, dans un climat plus que tendu. Démarche à haut risque, presque totalement aboutie, qui nous éclaire parfaitement sur le mécanisme de la piraterie : moyen de survie pour des populations misérables. Et, de façon incidente, Joulie dénonce la surexploitations des ressources hallieutiques par les Occidentaux dans les eaux au large de la Somalie, qui prive les prêcheurs locaux de leurs moyens de vivre. Ceci explique vraiment cela.

Audience : 560.000 téléspectateurs

Cinéma, Invictus, par Clint Eastwood

24 janvier 2010

Invictus, 2 h 15 – Scénario et réalisation de Clint Eastwood. Avec Morgan Freeman, figure de Nelson Mandela, et Matt Damon en capitaine de springboks, l’équipe de rugby sud-africaine.

Disons-le tout de suite, ce nouvel opus d’Eastwood est militant sans se cacher derrière son petit doigt. Hymne à la valeur du mélange des ethnies dans un pays qui avait institué l’apartheid en doctrine politique. Hymne aussi à la personnalité de Nelson Mandela, le fondateur charismatique – et “roi” en son pays – de l’Afrique du Sud.

Au-delà de l’histoire sud africaine, ce film démontre comment le sport peut être utilisé comme une formidable arme politique, pour fondre toutes les ethniques dans le même creuset. Ce nationalisme outrancier des fanatiques du sport ne laisse d’ailleurs pas de me déranger. Qu’importe : Eastwood s’est emparé de Mandela, il l’a reforgé à son image, au point que parfois Morgan Freeman joue ” à la manière de… Eastwood” lui-même. Le film est passionnant, bien réalisé, sans la moindre faute technique au plan rubistique. J’ai juste été un peu gêné par le côté bavard et prêcheur du film. Mais Mandela lui-même n’était-il pas un vieil homme sevré d’expression quand son combat personnel l’a mené à la tête d’un pays prêt à exploser ? Et qui n’a pas explosé grâce aux options souvent dérangeantes de son Premier Président élu démocratiquement.

Il faut voir aussi cette oeuvre comme une machine de propagande.

Le contexte présenté dans l’Humanité par Jean-Emmanuel Ducoin

L’intuition politique de Nelson Mandela (« Toute la nation soutient son équipe ») se transforma en un spectaculaire et inimaginable geste de réconciliation envers les ex-dominants afrikaners, coupables d’avoir installé l’un des pires régimes du XXe siècle. Disons-le simplement. Avec ce président noir paré des couleurs boks, les Blancs ne pouvaient plus revendiquer à eux seuls une victoire acquise difficilement face aux All Blacks. Ce jour-là, toute l’Afrique du Sud triomphait devant plus d’un milliard de téléspectateurs. « Ensemble », pas « côte à côte ». Mandela éleva ce jour-là sa conscience en élevant son pays tout entier. L’ancien prisonnier politique a-t-il jamais fait autre chose ?

cinéma : the Ghost Writer, Polanski

18 janvier 2010

Malgré son incarcération en Suisse, Roman Polanski a pu finaliser son prochain film qui sera sur les écrans le 3 mars. Cet “écrivain fantôme” est le nègre d’un Premier Ministre anglais…

Précisions par l’Express

La première bande annonce du nouveau film de Roman Polanski, Ghost Writer, vient d’être dévoilée, alors que l’arrestation de Roman Polanski le 26 septembre laissait présager un important retard dans le calendrier d’exploitation. Beaucoup pensaient que le film ne sortirait pas à temps, le montage n’étant pas achevé au moment de sa mise en détention. Dans un entretien au Times, Robert Harris, auteur du livre à la base du film, révélait cependant que Polanski terminait la post production de Ghost Writer depuis sa prison.

Document : Xavier Bertrand sur la sellette

18 janvier 2010

Ce lundi 18 janvier notre confrère Ian Hamel publie… deux livres

  • Aux Editions de l’Archipel, une bio non autorisée de Xavier Bertrand, “Xavier Bertrand, les coulisses d’une ambition”, avec un bandeau: “Faux gentil, vrai méchant?”.

  • Et, aux Editions Larousse, Et Si la Suisse ne servait plus à rien ?

Hamel est un contributeur régulier du Matin de Lausanne,

Arte : la NSA

15 janvier 2010

A revoir, cette enquête sur la NSA diffusée par Arte

http://plus7.arte.tv/fr/1697660,CmC=3011608.html

DocuDrama : les Livres qui tuent, Robert Denoël

18 juin 2009

Version corrigée le 18 juin 2009

Quelle est la part de responsabilité d’un éditeur dans la diffusion des idées ? Et surtout des idées mortifères, fascistes et racistes ? La liberté d’éditer est-elle sans limite ? L’engagement de l’éditeur peut-il le conduire jusqu’à la mort ?

Ce sont les questions posées par ce DocuDrama assez singulier, qui tente de nous donner sinon une solution du moins une explication au meurtre de l’éditeur Robert Denoël en 1945.

Le 2 décembre 1945 en fin d’après-midi, Robert Denoël est assassiné d’une balle dans le dos, square des Invalides.

Son amie Jeanne Loviton s’était absentée quelques instants pour chercher un téléphone, elle l’a retrouvé étalé sur la chaussée, face contre terre.

Les enquêtes policières n’aboutiront jamais, l’affaire est classée sans suite malgré une instruction longue de plusieurs années.

La vérité est qu’on ne sait rien sur ce meurtre, sinon que la victime était un Belge, un de ces éditeurs parisiens qui ont continué à travailler, et beaucoup, durant l’Occupation. Dominés par l’extrême droite raciste, et dépendant largement des Nazis pour les livraisons de papier.

Le film « Les livres qui tuent » s’appuie sur les éléments d’enquête connus. Le scénario de Grumberg s’appuie probablement sur les éléments connus de l’enquête et sur la biographie romancée due à l’Américaine Louise Staman : “With the Stroke of a Pen” (version française : “Assassinat d’un éditeur à la Libération”). Il existe aussi un livre de souvenirs rédigés par Mme Cécile Denoël, épouse légitime et évincée mais il n’a pas été rendu public.

Le livre de Mme Staman est un vrai faux roman, où tous les noms sont cités en clair.
Lire à ce propos un long papier d’Henry Thyssens, sur ce « roman » à clés translucides
http://louisferdinandceline.free.fr/indexthe/denoel/assa.htm

P1040992A partir de ces éléments peu copieux, le scénariste Jean-Claude Grumberg a tricoté son histoire à lui. Pour donner du corps à l’enquête, il l’incarne dans le personnage d’un reporter belge à la Tintin – Lorant Deutsch est fort crédible dans ce rôle -  chargé d’élucider l’affaire pour le quotidien « L’Express liégeois ». Le début semble une pantalonnade chic et allègre, mais le polar tourne au vinaigre quand le journaliste, Léon Lenoir, révèle qu’il est en fait Léo Schwarz et que ses parents ont disparu dans des camps de concentration nazi.

Ce choix peut accréditer l’idée que Denoël ait été victime non pas de voyous, de rôdeurs, ou pire, d’un GI américain noir, mais – thèse 1 – d’un règlement de comptes facilitant le transfert des Editions Denoël aux Editions Gallimard comme le suggérait la veuve, mais qui semble peu crédible, ou – thèse 2 qui clôt le film – d’une exécution sommaire exécutée par vengeance par un ancien résistant de confession juive.

De toute façon, climat glauque bien rendu. La comédie initiale m’a surpris, mais j’ai fini par être convaincu. Elle justifie l’enquête et permet d’en comprendre les tenants et aboutissants complexes.

A retenir : l’histoire du Résistant exécuteur des hauts et basses œuvres qui après la guerre a fondé et géré un orphelinat pour enfants perdus. C’est joliment raconté.

Il est étonnant de voir à l’origine du film Jean-Pierre Guérin, qui n’est pas juif et qui est né en 1940, donc ne pouvant connaître cette époque. Guérin m’a confié :

«  Les gens me trouvent curieux. Qu’en pense-tu ? »

Nous avons longtemps travaillé ensemble à TF1
P1040990J’ai assisté à la projection en avant-première de ce film de Denys Granier-Deferre « Les livres qui tuent », 93 minutes, sur un scénario de Jean-Claude Grumberg.
La programmation sur France 2 n’est pas encore déterminée. A l’automne, peut-être…
Produit par GMT Productions – Jean-Pierre Guérin – et France 2.
avec Lorant Deutsch, Blanche Gardin, Hubert Saint-Macary
A la SGDL, 3 juin 2009, Hôtel de Massa, Sous la présidence, de Alain Absire, président de la Société des Gens de Lettres.
La projection a été suivie d’un dialogue entre la salle, le réalisateur et le scénariste, présentés par Catherine Borgella.

Roman : 69, année politique, Francis Zamponi

18 juin 2009

69, année politique, roman par Francis ZAMPONI – Le Seuil, juin 2009

Comment se construit une machination politique ? Quelques mois après les « événements » qui ont mis le pays en ébullition, la lutte fait rage, dans le clan gaulliste, entre les prétendants à la succession du Général. Dans la vieille garde, comme dans la plus jeune, certains ne veulent pas voir Georges Pompidou devenir président. Lui s’y voit déjà. C’est dans ce contexte qu’éclate l’affaire Markovic, du nom d’un garde du corps d’Alain Delon, retrouvé assassiné quelques mois avant le retrait de De Gaulle. Bientôt, des photos circulent : on y verrait ce qu’on appelait alors des parties fines, où apparaîtraient soudain, en tenue ma foi fort légère, le dénommé Markovic et Mme Pompidou… La rumeur enfle, le piège se resserre, la machination est en place même si, on le sait, elle échouera. Pompidou sera élu.

Quarante ans plus tard, impliqué dans une affaire qui tient beaucoup de Clearstream, et devant une jeune juge d’instruction peu soucieuse des querelles et des scandales politiques du passé, un ancien des services secrets et du SAC nous donnent enfin le dessous des cartes. Le récit d’une manipulation politique devenue le mètre étalon de tous coups tordus du genre. Francis Zamponi, journaliste, spécialiste des questions de police et de défense, est aussi un romancier. Son dernier ouvrage, Le Boucher de Guelma, a paru au Seuil en 2007.

Black, le film

17 juillet 2009

réalisation : Pierre Laffargue. Scénario : Lucio Mad, Gabor Rassov, Pierre Laffargue. Avec MC Jean Gab’1 et Carole Keremara. 1 h 55

A première vue, Black est un film de Série B assez simpliste, parfois caricatural. Vraiment distrayant : l’histoire d’un braqueur d’origine sénégalaise qui, ne réussissant pas à Paris, tente le “grand coup” contre une banque de Dakar où est déposée une grosse poignée de diamants. Malheureusement, de méchants mercenaires blancs ont eu vent de l’affaire. Entre les deux équipes  s’engage une course de vitesse pour s’emparer du magot magique. Belle occasion de grandes scènes d’action dans les quartiers surpeuplés et déshérités de Dakar. Le sang coule, le cadavres parsèment l’itinéraire, selon les bonnes règles du gore. C’est un vrai polar Black et noir, enlevé et même frénétique, plutôt bien ficelé – même si on ne doit guère s’attarder sur les invraisemblances du scénario, des invraisemblances quasiment conventionnelles pour une série B -. Le héros principal McJean Gab’1, un bon rapeur, est excellent dans le rôle principal avec ses superbes biceps et une musique désormais classique pour le milieu.

Cette première lecture masque un deuxième niveau, moins évident, illustré par toute la fin du film qui bascule dans la magie. Après une très belle scène d’initiation à l’âge d’homme, Black doit affronter un très méchant blanc trafiquant et sa maîtresse sorcière africaine, un griot lui a annoncé que ce combat serait celui du Lion et de la Panthère. Ce virage est naturellement incompréhensible quand on ignore la culture du continent noir moderne. En effet la légende mise en scène est manifestement inspirée par plusieurs auteurs africains, tout particulièrement Ahmadou Kourouma – le guerrier malinké – qui s’est   illustré en particulier par son roman publié en 1994, En attendant le vote des bêtes sauvages, racontant l’histoire d’un chasseur de la « tribu des hommes nus » qui devient dictateur. La symbolique est évidente pour ceux qui savent : les Africains exilés en Europe doivent se réapproprier leur culture ancestrale pour survivre. Comme le dossier de presse n’explicite pas cette liaison, les critiques de cinéma ne pouvaient pas comprendre.

Il faut savoir que Lucio Mad, le premier scénariste, était un expert de l’Afrique, ami de Kourouma, grand admirateur d’Hampaté Ba, excellent connaisseur du Sénégal où il avait séjourné longtemps, contribuant à faire éditer en France plusieurs écrivains sénégalais.

Troisième tiroir ouvert dans cette deuxième lecture. Sans oublier la critique virulente des néocolonialistes, le portrait de Dakar et des Sénégalais présenté dans Black est plus que dur. Une ville en déshérence, une population miséreuse qui ne survit que grâce aux trafics et arnaques en tous genres. Des élites locales corrompues. Une vision très pessimiste, symbolisée par le retour en France de notre braqueur déçu par son pays d’origine. Une vision qui rejoint les espoirs et les illusions des cohortes de clandestins qui croient qu’en France, même très dure la vie est quand même mieux qu’au Sénégal.

Je rappelle que Lucio Mad était mon fils. Il avait entamé l’écriture de ce scénario bien avant d’être malade. Il nous a quitté pour son Paradis B le 31 août 2005. Il est bien que son dernier grand chantier ait été mené à bien grâce au producteur Marco Cherki, à Gabor Rassov, mon autre fils, et Pierre Laffargue, le réalisateur et co-scénariste.

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Voir le site : http://www.blacklefilm.com

Dasquié, la ville des mensonges, roman

27 juin 2009

La Ville des mensonges, roman, Guillaume Dasquié, Robert Laffont, printemps 2009

Le cas mérite d’être médité : comment ce petit mec au visage poupin, dont l’accent du sud-ouest affleure encore, est-il tombé dans ce délire qui l’a conduit à composer et à écrire cet étrange roman : la Ville des mensonge ?

Mystère de la création littéraire qui peut conduire un bon spécialiste de l’information et du renseignement à plonger dans un monde délirant, à rendre compte d’une monde délirant, à coucher sur le papier un monde délirant.

Guillaume Dasquié démontre avec son premier roman une capacité, pourquoi ne pas aller jusqu’à une puissance d’imagination, qui le hisse dans un monde quasi parallèle d’une originalité absolue.

Nous nous connaissons depuis longtemps, depuis qu’a son invitation  j’ai été parler du terrorisme à Science-Po Toulouse, il y a être vingt ans.  Je le savais ambitieux. Plus qu’ambitieux. Capable de tout pour avancer. Et puis, hop, un jour, après la mort de son père qui l’a profondément affecté, il est parti en extrême orient, à Hong Kong, pour nous ramener cet objet étrange, surprenant. Angoissant. Il a disparu presque un année, laissant en plan son Geopolitique.com. Et ses collaborations. Il s’est perdu dans l’écriture.

En avançant j’ai mieux compris. Ce roman est un “produit dérivé” de sa pratique assidue du kung fu. Du combat et de la philosophie du Kung fu. Qui l’ont entraîné dans les méandres des civilisations métissées de HK. Je comprends aujourd’hui le sens de son téléphone passé de la-bas alors qu’il voguait à bord d’un ferry entre HK et Macau.

L’histoire par exemple : elle réunit un jeune yuppie d’origine libanaise qui fuit la guerre civile. Il est recruté par un ancien espion britannique pour travailler sous la houlette de la Bank of China, dont nul ne devrait ignorer qu’elle appartient à la Chine communiste. Sous l’autorité d’une dame suicidaire qui tente tout pour que le cancer l’atteigne etla ronge. Laquelle dame manipule une antthropologue allemande censée être la soeur d’Ulrike Meinhof qui tente de démontrer qu’homo sapiens sapiens est un génocidaire qui a éliminé tous les hominidés développés hors de son espèce.

Alors que des émeutes de la faim ravagent le monde, ce quatuor étrange projette de provoquer la révolution globale rêvée par les descendants immatures des trotskystes.

Le portrait de HK est tout à fait conforme à ce que j’y ai vu.

Ce quelques lignes vous permettront de comprendre que ce roman ne se raconte pas. Il faut se laisser submerger.

Pour un premier roman, c’est en effet plus qu’intéressant. Dasquié sait camper avec force et finesse des personnages, leur permettre de vivre. Dans son prochain opus il devra cependant prendre un peu moins la parole philosophique  pour se consacrer plus au récit proprement dit.

A lire : fichiers de police

30 juin 2009

Désolé, Alain Bauer est encore dans le coup ! Que Sais-Je Fichiers de Police 2009

Après l’Océan, film

13 juillet 2009

“Après l’océan”, un film réalisé par Eliane de Latour, 1h 45, avec les comédiens Ivoiriens Jimmy Danger, Michel Bohiri, Gabriel Zahon, Djédjé Apali, Angeline Nadié… et l’Anglais Fraser James.

C’est est l’histoire de deux jeunes gens, Otho et Shad. L’un Ivoirien et l’autre Libérien. Ces deux amis ont quitté Abidjan pour nourrir le rêve européen et revenir en héros dans leur pays. Mais une descente musclée de la police les sépare. Otho, reconduit à la frontière, rentre dans son pays sans rien. Son entourage, déçu, crie à une malédiction. Shad, quant à lui, réussit tant bien que mal à échapper à la police. Il poursuit alors son aventure “en cascadeur”, à travers l’Europe. Arrivera-t-il à s’en sortir mieux que son ami et à quel prix ?…

Ce film, ouvre un autre regard sur l’immigration clandestine. Au-delà de l’aspect dramatique que dévoile le phénomène de l’immigration avec ses naufrages et ses rapatriements, elle révèle “les rêves de ces jeunes Africains portés par l’envie d’aller chercher les petites graines pour revenir nourrir l’Afrique”.

La réalisatrice met un accent particulier sur la musique du film, jouée en général par des artistes ivoiriens, tant professionnels qu’amateurs.

“Abidjan, riche d’un tiers d’étrangers, est le siège d’un phénomène vocal unique. D’origines diverses, chaque artiste se forge un destin musical dont l’identité hybridée reste forte. J’ai cherché une unité musicale et sonore qui dépasse les vieux clivages “tradition- modernité” pour atteindre les strates profondes et communes à cette ville unique ”.

La sortie officielle de “Après l’océan” était prévue pour le 30 mai prochain en Côte d’Ivoire et le 8 juillet 2009 en France. Des projections gratuites de ce film produit par la France, la Côte d’Ivoire ( avec notamment le soutien du Président ivoirien Laurent Gbagbo) et l’Angleterre sont également prévues du 29 mai au 2 juin dans plusieurs communes d’Abidjan. Avec en prime, des mini-concerts donnés par les musiciens intervenus dans le film (au nombre de 17)

Mon fils Lucio Mad, auteur du roman « Les  Trafiqueurs » (1995, Gallimard, La Noire), aurait certainement apprécié ce film. Il mettait en scène des petites mains du trafic de faux papiers en Côte d’Ivoire, en vue d’immigration clandestine.

Corse : L’affaire Colonna, une bataille de presse

31 juillet 2009

Gérard Amaté est libraire à Lyon. Il n’aime pas l’Etat. Et encore moins la justice mal rendue. D’où son livre “de colère” publié par les Editions Jean-Paul Bayol à Alès :

L’affaire Colonna, une bataille de presse, par Gérard Amaté.

“Bien entendu, écrit-il, les journaux [ont rendu compte des deux procès Colonna], mais les rôles traditionnellement dévolus à la “presse de gauche”t à la “presse de droite” ont été dans cette triste mascarade totalement chamboulés. Certains journaux s’indignèrent de cette justice d’exception. La plupart se turent. D’autres aidèrent au crime. On assista alors à un spectacle étrange. Une presse, prétendument soucieuse des Droits de l’homme et de slibertés fondmentles, préféra à ces principes affichés ceux de la raison d’Etat, alors que des quotidiens réputés plus conservateurs s’indignient des comportemtns des juges et d’une codmanation prévisible, décidée à l’avance et ailleurs que devnt une Cour de justice […] C’est en réalité l’ensemble de la grande presse liée au PS et au PC qui fut, dans cette affaire, du même avis que la police et la justice d’exception […] Les héritiers de Jaurès, Léon Blum, et du dreyfusisme avaient en la circonstance, l’air d’être ceux de Drumont, Laurrs et l’Action française”.

Gageons que les journaux de gauche en question ne se reconnaitront pas dans ce portrait tracé au vitriol. Et, comme par hasard, comme je l’ai déjà souligné à plusieurs reprises, les éditeurs pendant vers le même bord politique ont également décidé de respecter une omerta absolue sur l’affaire Colonna.

Dans ce parti prix “anti Colonna” de la presse de gauche, l’auteur ne manque pas d’impliquer, nons sans arguments, deux caciques socialistes : Jean-Pierre Chevènement, Ministre de l’Intérieur au moment de l’affaire Erignac et lors du premiers stade de l’enquête, et François Hollande. Tous deux considérés comme coupables de la trahison commise par le Parti socialiste à l’égard des Droits de l’Homme. Amaté n’hésite d’ailleurs pas à suggérer que cette trahison particulière s’inscrit dans la trahison générale commise par le Parti socialiste vis-à-vis de ses valeurs fondamentales. Le raisonnement ne laisse pas d’être convaincant.

L’affaire Colonna, une bataille de presse, par Gérard Amété, 153 pages. Editions Jean-Pierre Bayol à Alès. Parution fin août 2009

Melnitz, roman

11 août 2009

Melnitz, par Charles Lewinsy, Grasset 2008. Traduction de l’allemand.

J’ai lu avec un peu de retard ce gros roman (780 pages, serrées) écrit par l’écrivain suisse allemand Charles Lewinsy. Et j’ai hésité à en rendre compte comme d’un roman. Evidemment, l’apparence est celle d’un roman : il y a une histoire – celle de la famille Mejier, installée dans le canton de Zurich depuis une date non déterminée. Il y a des personnages. Des événements. Et, pour autant, pas vraiment un roman : surtout une série d’épisodes mal reliés entre eux, comme les grains d’un chapelet, “animés” par des figures qui ne vivent jamais vraiment. Ce n’est pas le propos de l’auteur. Il veut surtout nous expliquer l’envers de la société suisse aux 19° et au 20° siècles, une société où l’antisémitisme ne cesse d’affleurer. Et je dois dire que Lewinsky n’y va pas de main morte. Il nous défrise même totalement quant à la soi-disant neutralité de la Suisse, notamment pendant la deuxième guerre mondiale. Elle n’a accueilli les réfugiés qu’au compte-gouttes. Et l’auteur révèle l’émergence d’un mouvement pro nazi, le Front, prêt, peut-être, à accepter une Anschluss des cantons germanophones avec l’Allemagne hitlérienne.

Mais, presque contre sa volonté, Lewinsky a eu une idée : confier le rôle du récitant omniscient à “L’oncle Melnitz”. Un oncle qui présente la particularité d’être mort et de hanter les vivants. Comme si l’écrivain avait appris à écrire un roman en l’écrivant, ce personnage singulier et cette fois réellement romanesque, ne prend son essor que dans le dernier chapitre, après des apparitions passagères ici ou là. Lewinsky a raté une occasion. Mais, je le répète, son propos n’était pas vraiment le roman, cette saga n’était qu’un prétexte pour étaler une face noire de la Suisse.

Témoignage : la promesse de l’Aube, Gary

18 août 2009

Témoignage. La Promesse de l’Aube, Romain Gary. Gallimard et folio. 1960

Oui, je le sais, j’aurais dû lire ce bouquin depuis longtemps. Mais je me méfiais. comme je me méfie toujours des “témoignages personnels”. J’avais tort. Il n’y a pas de texte plus émouvant,plus profond, plus drôle. Et, en fin de compte, plus romanesque que ce récit de Romain Gary où il raconte sa vie tumultueuse à travers les rapports compliqués avec sa maman. Une Juive russe un peu mythomane, prête à tout pour que son fils chéri et unique devienne quelqu’un.

Elle a réussi. Il est devenu quelqu’un. Ecrivain, lauréat de deux prix Goncourt sous deux noms différents. Héros de la deuxième guerre, quoiqu’il en dise. Diplomate. Et en même temps il a tout raté car s’il est devenu grand, il n’est pas devenu le plus grand. Il s’est donc suicidé.

Film : Inglorious Basterds, Tarantino

23 août 2009

Inglorious Basterds, un film de Quentin Tarantino, 160 minutes.

Avec Brad Pitt, Christoph Waltz (grand prix d’interprétation à Cannes, 2009), Mélanie Laurent, Diane Kruger et une belle brochette de seconds rôles :  Mike Myers, Daniel Brühl, Eli Roth, Michael Fassbender, Til Schweiger, Julie Dreyfus, Léa Seydoux, Maggie Cheung, Anne-Sophie Franck, Rod Taylor, Samuel L. Jackson

inglorious-basterds-poster-1L’histoire est connue : durant la Seconde guerre mondiale l’OSS a confié à une bande de malfrats parachutés en France le soin d’exécuter le plus grand nombre possible de nazis, dans des conditions telles que la légende de cette équipe doit terroriser les Hitlériens. La partie majeure de leur mission consiste à « faire sauter » un cinéma de Paris où Hitler, Goebbels et autre Borman doivent assister à la projection d’un film de propagande « L’orgueil d’une Nation ». Face à face ces abominables voyous de série Z, une pure jeune fille juive – Mélanie Laurent – prête à se sacrifier d’une part, et d’autre part un colonel S.S., Lauda, surnommé le « chasseur de juifs », un ignoble inspiré du personnage d’Eichmann.

Le comédien autrichien Christoph Waltz se taille là un rôle fascinant d’un criminel de guerre d’une absolue ignominie, malheureusement pas très éloigné de la réalité.

Les membre su commando sont tous juifs sauf le chef qui est un trafiquant d’alcool italien, mâtiné d’Indien Apache. Tous féroces et sauvages, même le chef.

Comme Tarantino n’aime pas la dentelle, ça nous donne un spectacle dégoulinant de sang et de mauvais sentiments, dont l’objectif principal est de tourner en dérision Hitler et sa clique traités comme des pantins hystériques. En forçant à peine le trait de la réalité.

Ce qui ne manque pas de surprendre : le traitement est celui d’un opéra bouffe, mélangeant la

tragédie et la comédie grinçante. J’irai même jusqu’à écrire comme une BD divisée en chapitre titrés comme au temps du cinéma muet… En vérité, les références cinématographiques sont si omniprésentes qu’il faut être pratiquement un critique averti de cinéma pour relever toutes les allusions. Il n’est d’ailleurs pas anodin que l’un des personnages, un officier Anglais, soit lui-même censé être un critique de cinéma.

On est en pleine culture américaine, dominée par le principe que face au crime s’impose la Vengeance confiée à des mains privées, au détriment du pouvoir judiciaire régalien, privilège de l’Etat.

Un film peut-être un peu trop intello, donc. Mais d’une grande beauté au demeurant. Un scénario qui ne laisse pas un instant pour respirer comme il se doit avec Tarentino, même si certains séquences un peu trop théâtrales peuvent agacer.

Reste le problème principal posé par cette œuvre. Un problème majeur d’éthique. A-t-on le droit de rigoler avec Hitler, la Deuxième guerre mondiale, les persécutions contre les Juifs, la Shoah ? Dont le principe est ici retourné puisque dans la scène finale montrant le châtiment des méchantissimes nazis, tout se termine dans les feux de l’enfer, holocauste inversée.

Certains se montrent choqués par ce parti pris de Tarantino.

Je ne partage pas cette réserve : dans un temps comme aujourd’hui où le nazisme n’a pas fini d’exercer sa fascination, il me paraît bien et bon que les icônes de cette idéologie soient balayées par le ridicule et la dérision.

Il fallait l’oser. Tarantino, très engagé, l’a osé.

Livre : les Falsificateurs

30 août 2009

Antoine Bello, Gallimard 2007. Il lui faut lier ce livre à sa suite “L’Eclaireur” (2009), mais que je n’ai pas encore lu.

L’auteur, Antoine Bello, est au moins aussi singulier que son livre. Ou bien son roman n’est-il que le reflet de lui-même.

On rappelle l’argument : une mystérieuse et tentaculaire organisation internationale, la CFR, falsifie des événements historiques, sans qu’on sache très bien pourquoi. Ni les personnages, ni les lecteurs. Ces falsifications pèsent sur l’histoire. En soi, l’idée est géniale, et la première falsification racontée est passionnante, et même fascinante : comment ressuciter et sauver le peuple bochiman en Afrique du Sud. C’est habile, convaincant, émouvant. Bello aurait dû circonscrire son roman à cette histoire emblématique.

Malheureusement, peut-être emporté par son goût pour les “Wargames” ( simulation de situations stratégiques, également appelée Kriespiel) Bello se croit obligé de multiplier les scénarios, de moins en moins convaincants à mesure qu’il avance. Et surtout les explications idéologiques dans d’interminables développements assomants.

Pourquoi ? J’ai compris vers la fin : partisan de Sarkozy tout en déclarant sa flamme pour Obama, écrivain-homme d’affaires installé à NY, Bello a surtout à coeur de démontrer la supériorité du modèle économique hyper libéral qui est le moteur de la mondialisation. Le moins qu’on puisse dire est que sa démonstration manque de légèreté. Autre conséquence inévitable : pions dans un jeu d’échecs planétaire ses personnages ne sont que des silhouettes, des marionnettes qui ne parviennent pas à vivre. Bello ne raconte pas une histoire, il étale ses convictions.

Livre : n’habite plus à l’adresse indiquée

31 août 2009

Livre – N’habite plus à l’adresse indiquée. Maurice Grosman avec François Taillandier. L’Archipel, mars 2009.

Qui imaginerait que derrière l’enseigne de diffusion de vêtements Celio se cache une des épouvantables tragédies de la Deuxième guerre mondiale ? Or le fondateur de Celio, Maurice Grosman a été la victime d’une telle tragédie. Presque classique, dirions-nous. Enfance dans une famille juive d’origine polonaise, dans un quartier modeste de Paris. Disparition de la famille entière dans le gouffre de la Solution finale. Jusque là, d’une certaine manière, une histoire désormais trop classique.

Sauf que Maurice Grosman a survécu à tout. Peut-être et même sûrement parce qu’il a été malade, une tuberculose osseuse qu l’a contraint à une hospitalisation durant toute la guerre. Malade, au fond du trou, il a survécu à tout grâce à une fantastique volonté de survie.

Allusion directe en fin de livre à la théorie de la résilience, du dr Boris Cyrulnik : cette référence a valeur d’explication majeure. Il a survécu parce que, peut-être, il a été mieux armé que les autres pour se battre.

Le livre est sympathique, se lit d’un trait dans une journée. Il n’échappe pas à certains clichés, et même à certaines invraisemblances quant aux connaissances de l’adolescent sur le monde en guerre alors qu’il était ficelé sur son lit d’hôpital. Qu’importe : on comprend mieux.

Grosman est aujourd’hui retraité, plusieurs fois grand-père. D’une certaine manière il a réussi sa vie.

Roman, Nueva Könisberg, Paul Vacca

8 septembre 2009

Philippe Rey, éditeur

Contrairement à l’éditeur qui m’a refusé un projet sur la Justice, au motif que la Justice, ça paie pas dans l’édition, Philippe Rey ne manque pas de culot de publier ce truc de Paul Vacca. Un truc carrément ouf, comme dirait ma petite fille. Ouf avec Immanuel Kant, excusez du peu.

Apparemment, Königsberg, alias Kalinigrad, rend fou. En tout cas, le héros de ce roman, Sébastien, est fou à lier. Du moins, on peut le croire. Presque aussi fou que ces habitants de Nueva Köningsberg qui se sont évadés de la ville natale de Kant en 1944 lors de l’invasion soviétique, pour aller reconstituer quelque part en Amérique du Sud “La” ville de Kant, avec ses sept ponts.

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Par l’effet d’un hasard peut-être malencontreux, Sébastien est obligé de suivre son maître en philosophie, Botul, dans cette étrange réincarnation de Königsberg où tout le monde vit selon l’ordonnance stricte de Kant, vêtements, constructions, tout compris jusque dans le détail. Nous suivons Sébastien dans ce monde bizarre, sectaire, sans savoir exactement s notre héros rêve ou vit comme Kant.

Document : dans la bibliothèque privée d’Hitler

15 septembre 2009

Je suis en train de lire un document très curieux : “Dans la bibliothèque privée d’Hitler”, Timothy W. Ryback, Editions Le Cherche Midi.

Ce chercheur américain a été fouiner dans ce qui subsiste des bibliothèques du Führer, soit environ 1200 ouvrages sur un total de 3000, au minimum. Première surprise donc : les sauvetage de l’essentiel, déposé notamment à Bertchesgaden, dans le Nid d’Aigle, et récupéré par les troupes américaines en 1945. La grande majorité des ouvrages repose aujourd’hui dans les rayons de la Bibliothèque du Congrès de Washington.

Autre stupéfaction l’énormité de cette bibliothèque, comme si Hitler s’était comporté en collectionneur compulsif.

Mais la plus grande surprise est que le petit Moustachu apparaît non comme un ignare inculte, mais au contraire comme un lecteur assez assidu pour passer presque chacune de ses nuits un livre à la main. En prison, au pouvoir, en guerre, à la Chancellerie : des livres, et encore des livres. Certes de nombreux auteurs à connotations racistes, mais aussi beaucoup de littérature et de philosophie générale.

L’intérêt fondamental de cette recherche qui attendu 2008 (2009 en français) pour voir le jour est la découverte d’une autre histoire d’Adolf. Une histoire loin des clichés, loin des éternelles répétitions sommaires. On y assiste à la construction et d’un personnage très complexe animé par un esprit de vengeance contre le destin, et de sa “philosophie”.

Je recommande d’autant plus cette lecture que le livre est bien écrit, bien édité, assorti d’une iconographie très complète.

Document : la Face noire de la mondialisation

15 septembre 2009

Alain Bauer et Xavier Raufer publient un nouvel ouvrage à quatre mains, aux éditions du CNRS : “La Face noire de la mondialisation”

La nature criminelle des dangers du monde présent, une tendance croissante des acteurs de la criminalité transnationale et de la scène terroriste à la symbiose et à l’hybridation, l’incapacité de la prétendue “communauté internationale” à ramener l’ordre sur terre, tels sont les symptômes de la situation chaotique du monde.
Ce texte vise à offrir des perspectives, à ouvrir un horizon, à poser le diagnostic le plus proche possible du réel, sur ce qui est dangereux ou menaçant, devant nous sur la route.

Document : Gaza, le grand mensonge

15 septembre 2009

Gaza: Le Grand Mensonge, Editions Pandora

Le JERUSALEM POST a écrit, sous la plume de Frank NOUMA: “De tous les livres parus depuis l’offensive israélienne à Gaza, celui de Claude Moniquet se distingue par son excellence et son honnêteté intellectuelle. Il nous livre un éclairage …nouveau sur la vraie nature du Hamas et ses intentions réelles….”
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Télévision : une Apocalypse technologique

16 septembre 2009

J’ai vu quatre des six épisode d’Apocalypse, le récit de la deuxième guerre mondiale vue de tous les soins.

On m’a quasiment trainé dans la boue parce que j’ai osée dire que cette grosse machinerie télévisuelle ne me semblait pas d’un intérêt majeur, malgré les signatures prestigieuses qui l’entourent. Mon dernier fils m’a dit : toi, papa, tu as vécu toute cette période, alors tu ne peux être surpris.

Il a raison. Et tort. Raison sur le fond, il est bien que les générations d’aujourd’hui sachent ce qui s’est passé dans ces années horribles, 50 millions de mort.

Mais, il y a un mais. L’intérêt fondamental d’Apocalypse est le spectacle de la guerre. Spectacle pur, sans la moindr explication, avec un commentaire exclusivement narratif. Sans la moindre explication, sans la moindre mise en perspective. Le général Tojo a fait ça, Staline a fait ça, Hitler a commis ça. Churchill a dit ça.  Et alors ? C’est ce que j’appelle de la “culture tapas”, des morceaux de temps et d’images dévidés en chapelet. Comme les bombes et les obus qui ne cessent d’exploser.

En vérité, les producteurs se fichent éperdument que nous comprenions ou non. Car leur seul objectif est l’exploit technologique.

Qu’importe ce qui s’est passé, pourquoi et comment. L’essentiel est qu’on a réalisé l’exploit inouï de tout montrer en couleurs. En couleurs, alors que les documents d’origine sont en quasi totalité en noir et blanc. Grâce à l’informatique, tour a été “colorisé”. C’est le seul intérêt de ce document qui n’est en fait qu’un immense faux.

C’est ce que je n’ai pas aimé du tout.

C’et d’autant moins défendable pour la plus grande partie de la période que de très nombreuses images ont été tournées à l’époque en couleurs.

Suite mardi prochain, France 2, les deux derniers épisodes.

Les espions de sa majesté, en livres

24 septembre 2009

Sur le site du FT (Financial Times) signalement de plusieurs bouquins consacrés aux services secrets de sa majesté The Queen.

British Intelligence: Secrets, Spies and Sources
By Stephen Twigge, Edward Hampshire and Graham Macklin
The National Archives £12.99, 288 pages

Spooks: The Unofficial History of MI5
By Thomas Hennessey and Claire Thomas
Amberley £30, 662 pages

Secrecy and the Media: The Official History of the UK’s D-Notice System
By Nicholas Wilkinson
Routledge £49.95, 613 pages

Inside British Intelligence: 100 years of MI5 and MI6
By Gordon Thomas
JR Books £20, 430 pages

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Je rappelle que le MI5 est le service de renseignement intérieur, et le MI6, le service extérieur, que l’on appelait naguère “Intelligence service”. Je vous conseille aussi de lire et de relire John LeCarré.

Roman. Adieu Mon ange. Serge Dufoulon

25 septembre 2009

Publication à l’Harmattan du premier roman de Serge Dufoulon. Il est maître de conférence en sociologie à Grenoble et il a eu une vie pas possible. Ce texte, que je connais, est pétri de préoccupations écologiques majeures. GetAttachment

Reportage : photos, Thierry Pinalie au Tadjikistan

26 septembre 2009

Thierry vient de passer plusieurs années à Duchanbé, au Tadjikistan. Il nous ramène un somptueux livre de photo, axé sur les enfant. A regarder avec passion.

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Entre éducation et servitude:

Si les enfants travaillent, c’est parce qu’ils ne peuvent faire autrement. Surtout lorsque le chômage est élevé chez les adultes. Dans les pays pauvres, le travail des enfants est généralement considéré comme une conséquence inéluctable de la pauvreté. Les parents qui ont eux-mêmes travaillés lorsqu’ils étaient enfants, considèrent que le fait de travailler permet à leurs enfants, mieux que l’école, d’acquérir certaines compétences et une expérience qui leur seront utiles plus tard. Ce sont d’ailleurs très souvent les parents qui astreignent leurs enfants au travail,  tout simplement pour survivre.

Des centaines de milliers d’enfants sont au travail en Europe et aux Etats-Unis (pays privilégiés) et 250 millions dans le monde. Ainsi, aux Etats-Unis, 1 million d’enfants (essentiellement d’origine mexicaine) sont au travail.

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Pour trouver le livre, me contacter. En principe à la librairie russe de Paris

Cinéma : l’armée du crime

28 septembre 2009

Cinéma : L’Armée du crime. Réalisé par Robert Guédiguian Avec Simon Abkarian, Virginie Ledoyen, Robinson Stévenin Durée : 2h 19min. 2008 Sur les écrans : automne 2009

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Ce film est intéressant, mais un peu mou, Guédidian ne peut pas oublier qu’il est avant tout le metteur en scène d’histoires d’amour intimistes, il traîne trop sur la vie sentimentale des protagonistes. C’est un autre sujet.

En outre, à force de vouloir être honnête et éloigné de l’hagiographie, il réduit à peu de choses l’histoire du groupe Manouchian. A voir le film, on a l’impression d’assister aux errements de quelques terroristes amateurs, en se demandant bien pourquoi les Nazis l’ont appelée “L’Armée du crime”. Hormis le meurtre du général SS Ritter, les attentats mis en scène sont d’une portée très limitée. Il m’a fallu recourir à ma documentation pour obtenir un bilan, très spectaculaire : 230 attentats, en grande partie de grande ampleur, le groupe s’était spécialisé sur l’insécurité ferroviaire. Des trains entiers ont sauté. On ne le perçoit pas dans le film, qui en perd sa force.

Si vous voulez tout savoir sur le groupe Manouchian et les FTP-MOI, lire cet article très pertinent qui remet les choses à leur place.

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Télé-France 5 La seconde guerre

28 septembre 2009

La seconde guerre mondiale en couleur. France 5. Inédit. réalisation Nick Davidson. Production Franco américaine.

Curieuse stratégie du service public de la télévision : après avoir diffusé avec succès les six numéros d’Apocalypse sur France 2, France 5 repasse le plat avec une série de douze documentaires sur la même époque.

Toujours fondés sur le même procédé : l’utilisation exclusive de documents d’époque “colorisés”. Le réalisateur Nick Davidson suit la même voie que France 2 : des documents, uniquement des documents, et un commentaire sur des évènements qui s’enchaînent sans interruption.

Portant sur les prémisses “dictatoriaux” de la Seconde Guerre, la construction du premier numéro diffusé hier soir ( dimanche 27 septembre) était pour le moins étrange, sinon chaotique. Pas souci de bien exposer, le réalisateur revient sans cesse en arrière ce qui contribue à rendre le récit tout à fait confus.

Belle leçon d’histoire pour ceux de plus en plus nombreux qui ignorent l’histoire de la Seconde guerre. Mais même reproche qu’à Apocalypse : c’est de l’histoire “tapas”, sommaire, les raccourcis et les élipses sont parfois audacieux.

Rediffusion France 5 le 9 octobre à 23 h 55

Diffusion des épisodes 4 & 5 : dimanche prochain

Blog Art contemporain

28 septembre 2009

A lire absolument pour détecter l’art “Faux”, le blog de Christine Sourgins

sourgins.over-blog.com

Télé : Autopsie de la rumeur

30 septembre 2009

France 5 – Autopsie de la rumeur. Bertrand Delais. 65 minutes

Si ça continue, je vais presque me réconcilier avec la télé.

J’ai été tout à fait convaincu hier soir par un superbe documentaire, intelligent, consacré à “l’autopsie de la rumeur”, réalisé par Bertrand Delais. Il démonte pièce par pièce le fonctionnement de la rumeur, comment elle apparaît, pourquoi. Comment elle ne disparaît jamais totalement, et comment ses porteurs sont des partisans fanatiques inaccessibles au raisonnement.

Les explications prudentes et fermes du psychanalyse Daniel Sibony et du sociologue Pascal Froissart permettent de mieux saisir les mécanismes mentaux qui permettent de propager la rumeur. Marion Cotillard, Meysan, Bigard, quelques personnages qui contribuent à propager les plus folles rumeurs sur le 11 septembre à NY.

Delais s’attache particulièrement à la rumeur d’Abbeville, en 2001, quand la croyance populaire voulait que la Somme ait été volontairement inondée pour protéger Paris.

Il ne faut jamais négliger les rumeurs. Parce que, en vérité, elles dévoilent des angoisses sous jacentes qui ne parviennent pas à s’exprimer de façon rationnelles. Et ce sont ces angoisses qu’il faut aller débusquer pour mieux comprendre le fonctionnement des sociétés “désenchantées”, c’est-à-dire qui ne disposent plus des outils de la magie pour expliquer des phénomènes qui nous échappent.

Voir aussi sur le site Conspiracy watch France-5-autopsie-la-rumeur_a416.html

Cinéma : l’affaire Farewell

1 octobre 2009

L’affaire Farewell, réalisé par Christian Carion, 1 h 53, avec Emir Kusturika dans le rôle de Grigoriev – dans la réalité le colonel Vetrov – , Guillaume Canet comme agent manipulateur français, Alexandra Maria Lara, etc.

J’ai hésité à aller voir ce film consacré à l’Affaire Farewell, dans la mesure où je connaissais plutôt bien cette saga d’espionnage, pour avoir recueilli le témoignage du principal protagoniste français Paul. Lequel considère que le film n’a guère à voir avec la réalité.

Ce qui n’est pas tout à fait exact. Il y a bien sûr des arrangements importants avec les faits dans ce qui a été sans aucun doute la plus sensationnelle des affaires d’espionnage conduite par les Français. Une opération commencée à la fin des années 1970, qui a très probablement contribué à la chute de l’Empire soviétique, en 1981.

Le principal arrangement affecte le personnage du Français, ici dénommé Fournet. Il n’a pas éé ce petit mec de l’ambassade de France plutôt apeuré, forcé d’avancer. Mais un immense bonhomme, deux mètres de haut, officier de carrière, attaché militaire adjoint à l’ambassade, qui a géré parfaitement les évènements. En particulier, contrairement à ce que suggère le film, il a toujours respecté avec rigueur les règles de sécurité. Au point que Vetrov n’a jamais été identifié avec précision par le contre-espionnage soviétique.

En gros, le film suit d’assez près la réalité pendant les deux tiers de sa durée, il explique avec clarté quels ont été les ravages des révélations de Vetrov dans les services soviétiques, comment elles ont permis aux Etats-Unis de rattraper la totalité de leur retard en matière de renseignement.

Tout est gâché par la fin. Pour le scénariste Vetrov a été pris à cause de comportements erronés, en raison d’affaires sentimentales à l’eau de rose. Ce qui est faux. Vetrov a été pris parce qu’il a tenté d’assassiner sa maîtresse et a tué un policier soviétique par la même occasion. De même, dans le film, le Français s’échappe dans une grande chevauchée sur routes enneigées vers la Finlande. Dans la réalité il a été rapatrié d’urgence à Paris après que Vetrov eut coupé les ponts.

En Grigoriev-Vetrov allumé, Kusturika est convaincant, tout comme Niels Arestrup en patron de la DST. “Francçois Mitterrand”, “Ronald Reagan”, Michaïl Gorbatchev sont eux aussi très crédibles. En revanche, Canet m’a paru un peu mièvre pour ce rôle exceptionnel. Il ne boit de la vodka que du bout des lèvres, alors qu’entre Paul et Vetrov s’était établie une amitié en grande partie fondée sur la vodka, si solide qu’elle perdure encore dans l’esprit de Paul.C’est lui qui me l’a encore écrit il y a peu.

Farewell : une fin romantique

5 octobre 2009

J’ai déjà écrit que la fin du film “Affaire Farewell” ne m’avait guère plu avec son côté sentimental nunuche peu en rapport avec la réalité.

En revanche, par mes sources personnelles remonte une interprétation de la mort de Vetrov, le modèle de Grigoriev. On m’a présenté une autre version de la mort de Vetrov, assez crédible, mais qui relève du jus de crâne.

On sait que dans la réalité, Vetrov a été arrêté après le meurtre d’un milicien au cours d’une dispute sentimentale, déporté. Finalement “découvert”, condamné pour espionnage et fusillé.
La version alternative – très noire – qui m’a été présentée et que soutiennent certains proches de l’affaire serait la suivante :
Après le retour en France de Paul, son agent manipulateur rappelé à Paris “d’urgence”, Vetrov aurait voulu poursuivre son “oeuvre d’espionnage” en faveur de la France. Avec l’aide de sa maîtresse, il aurait tenté de retourner un officier du KGB en utilisant la femme comme appât. Mais le premier RV se serait mal passé. Pour effacer les traces, couvrir sa maîtresse, et éviter qu’elle soit mise en cause, Vetrov aurait tout simplement assassiné sa “cible”. Plus tard on a laissé croire que la “victime” était un simple milicien, alors qu’il s’agissait d’un colonel du KGB.
Evidemment, de ce fait, Vetrov engageait sa propre responsabilité, n’ignorant rien de ce qu’elle entraînait : sa propre mort qu’il offrait en échange de la survie de sa maîtresse.
C’est une très belle “fin romantique” à la LeCarré qui n’est pas pire – et même plutôt plus crédible – que celle présentée dans le film.

Télévision : les francs-maçons et le pouvoir

7 octobre 2009

J’ai regardé la télévision, France 5, mardi 6 octobre, 20 h 30

Les francs-maçons et le pouvoir

Documentaire de Gabriel Le Bomin et Stéphane Khémis (France, 2009). 60 mn. Inédit.

« Un pouvoir parallèle, une force occulte, un Etat dans l’Etat… Peu importe le pouvoir qu’on lui prête, la franc-maçonnerie a depuis toujours alimenté toutes formes de fantasmes. » Parmi les parlementaires – Assemblée, Sénat, Parlement européen -, on compte aujourd’hui 10 % de francs-maçons. Comment cette société de pensée, fondée à la fin du XVIIIe siècle, est-elle passée de la réflexion philosophique à l’action politique, au point de marquer de son empreinte la fondation de la République ?

Pour tenter de répondre à cette question, les réalisateurs ont choisi de donner la parole à des historiens, journalistes – Sophie Coignard du Point, Michèle Cotta -, hommes politiques – Xavier Bertrand, François Baroin, Yvette Roudy, Alain Bauer – et dignitaires des grandes obédiences. Xavier Bertrand est un “frère inactif”, le père de François Baroin, Michel Baroin, a été Gd Maître du GODF, Yvette Roudy n’a jamais caché son engagement personnel chez les soeurs. Quant à Alain Bauer, nul ne peut ignorer qu’il a été Gd Maître du GODF, où il a fortement secoué les vieilles lunes.

En revanche Sophie Coignard s’est toujours distinguée par sa fascination de la FM, et son absence d’informations de qualité, puisqu’elle n’appartient à aucun ordre. Selon Sophie Lherm de Télérama,

L’ensemble se distingue des sempiternels marronniers qui font les couvertures de nos magazines par la qualité des réponses de tous ces témoins.

Mais ce documentaire manque d’analyses plus distanciées, tant la plupart des intervenants semblent fascinés par le projet franc-maçon. Au final, on prend conscience de quelques nouveautés : depuis les années 2000, la confrérie se cherche une nouvelle place dans le débat public. Elle est à découvert, et le pouvoir politique s’au­torise désormais à la consulter.

En effet, la parole n’a guère été laissée à Sophie Coignard qui voit des maçons partout, même là où il n’y en a pas : c’est son fond de commerce. Pour le reste, ce documentaire tient correctement ses promesses : on voit la FM triomphante sous la III° république ; par conséquent écrasée sous Vichy ; reconstituée après la guerre sur d’autres bases. Evoluant d’un “parti occulte de pouvoir” à une école de réflexion, de spiritualité qui attire fortement aujourd’hui en raison de la disparition du paysage politique de l’Eglise catholique.

Ce documentaire donne aussi mieux à comprendre la raison profonde de l’opposition viscérale des Catholiques contre la Maçonnerie : celle-ci a toujours placé au premier plan la recherche spirituelle par la réflexion personnelle, tandis que l’Eglise a toujours imposé, et impose encore, la primauté absolue de l’obéissance. Face à une Maçonnerie qui ne cesse d’évoluer, sans dogme, s’apparentant de ce fait au Protestantisme, l’Eglise est forcément conservatrice, anti-laïque. Et d’une certaine manière anti-Républicaine.

Pour plusieurs intervenants, la Franc-maçonnerie gagnerait à lever largement le “secret maçonnique” qui s’est imposé pour échapper aux persécutions pendant la Seconde guerre mondiale, et qui est considéré par beaucoup comme une véritable tare.


Roman : Le Jeu de l’Ange, Carlos Ruiz Zafon

7 octobre 2009

“Le jeu de l’Ange”, Carlos Ruiz Zafon, Robert Laffont, juin 2009. 538 pages. Traduit de l’espagnol par François Maspero : je le précise parce que cette traduction est d’une grande qualité littéraire.

Bon, Ruiz Zafon est un ogre de littérature. Bon Ruiz Zafon est et est avant tout un Catalan, bien qu’il vive aujourd’hui comme scénariste à Los Angeles. Bon, il s’inscrit dans la tradition proto-suréaliste de Bunuel, de Dali, de Miro, de Picasso et de tant d’autres Catalans qui ont enrichi toutes les cultures. La Catalane, l’Espagnole, la Française. Au point qu’on a pu oublier qu’ils étaient catalans. Bon, Ruiz Zafon connait sur le bout de ses doigts toutes les ficelles du roman populaire rocambolesque des années 1900 et d’avant, d’Alexandre Dumas à Eugene Sue, en passant par Edgar Poe et d’autres. Ruiz Zafon n’ignore rien des Gothiques et des Mystères de Paris, au point que son roman pourrait parfaitement s’intituler “Les mystères de Barcelone”.

Quand je vous ai avancé de si diverses raisons d’apprécier “Le Jeu de l’Ange” qui se lit très vite bien que vers la fin il soit un peu pesant, je n’ai en vérité rien dit.

Bref rappel de l’histoire, si c’est possible : un jeune écrivain est engagé par un fantôme pour écrire l’histoire romancée de l’histoire des religions. Je vous laisse découvrir les méandres et les rebondissements de ce conte noir plongé dans des flamboiements funèbres, dans une brume de pollution épaisse et blême recouvrant une Barcelone fantasmée des années trente, juste avant la Guerre civile. Réflexion incidente : il faudrait connaitre parfaitement Barcelone pour tout comprendre.

Ce roman est en vérité une méditation sur le sens de la lutte entre l’écrivain et l’ange de la Mort : c’est la métaphore de la création littéraire, du terrible combat que doit mener tout écrivain pour aller de l’avant, pour produire.

Au passage, il nous sert quelques aphorismes philosophiques qui méritent d’être médités. Par exemple :

” Les gens normaux, écrit-il, mettent des enfants au monde : les romanciers comme moi des livres. Nous sommes condamnés à mourir dans leurs pages, et parfois ce sont eux qui nous ôtent la vie”.

Il soutient que les livres ont leur âme propre qui se transmet de propriétaire en propriétaire du livre, on ne peut échapper à l’influence de cette âme, une influence qui est souvent un poison.

” [M. Sempere, le libraire] croyait … que tant qu’il resterait une personne dans ce monde capable de lire et de vivre les livres, il subsisterait un petit morceau de Dieu et de vie”.

Ou encore :

” La justice est une question de perspective, pas une valeur universelle[…] La justice est une maladie rare dans un monde qui n’a pas besoin d’elle pour se porter comme un charme.”

Et, pour en finir :

” Je ne peux pas mourir encore. Pas tout de suite. J’ai des choses à faire. Après, j’aurai toute la vie pour mourir

Livre : être juif après Gaza

8 octobre 2009

En librairie le jeudi 8 octobre 2009: Esther Benbassa, Être juif après Gaza, Paris, CNRS Editions, 2009, 80 p., 4 €.

« Comment être juif après l’offensive israélienne contre Gaza ? Mais peut-on cesser d’être juif ? Juif, en tout état de cause, probablement le reste-t-on, si du moins être juif relève d’abord d’une posture fondatrice, celle du regard constant porté sur soi et sur autrui pour établir invariablement la balance entre soi et le monde. À ce Juif-là, Gaza, de toute évidence, lance plus d’un défi. »

Gaza

Pour acheter l’ouvrage en ligne: Amazon Chapitre.com Fnac

Herta Mueller, prix Nobel de littérature

8 octobre 2009

Une fois sur deux, le jury du Nobel de littérature a le don de nous surprendre, et même de nous prendre à contre pied. C’est le cas pour la germano-roumaine Herta Mueller – orthographiée Müller en français -, née en Roumanie, dans un village de langue allemande, lauréate du prix pour 2009.

She was honored for work that “with the concentration of poetry and the frankness of prose, depicts the landscape of the dispossessed.”

The 56-year-old author, who emigrated to Germany from then-communist Romania in 1987, made her debut in 1982 with a collection of short stories titled “Niederungen,” which was promptly censored by the Romanian government. In 1984 an uncensored version was published in Germany and her work depicting life in a small, German-speaking village in Romania was devoured by readers.

That work was followed by “Oppresive Tango” in Romania.

Rassurez-vous de ne pas la connaître, même si vous êtes un fanatique de lecture : seulement deux de ses livres ont été traduits en français “L’homme est un très grand faisan sur terre” (ed Marrend Sell et Cie, 1994 !) et “La convocation” (Editions Métaillé, 2001). En revanche, en allemand, ses publications sont nombreuses, vous les trouverez certainement à la librairie allemande, rue Rambuteau dans le 2° ardt, en face du Centre Pompidou.

Pour la connaître un peu, voir cet entretien datant de… 1988 !

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A lire, cette fois : les francs maçon et le pouvoir

9 octobre 2009

Ce n’est plus à regarder, mais à lire, cette fois, mais sur le même thème : les Francs Maçons et le pouvoirFrancs-maçons et politiques : les liaisons dangereuses FL-102009

Les Frères et le pouvoir

9 octobre 2009

Cette fois-ci, ce n’est plus à regarder, mais à lire, sur le même thème

Francs-maçons et politiques : les liaisons dangereuses

L’article de Christophe Barbier dans l’Express, publié le 09/10/2009 11:33 – mis à jour le 09/10/2009 14:56, avec quelques corrections

François Koch, Le Vrai Pouvoir des francs-maçons, Express-Roularta éditions, 258 p., 15€

François Koch, journaliste à L’Express, publie Le Vrai Pouvoir des francs-maçons, une enquête portant notamment sur les relations troubles entres les francs-maçons et le monde politique.

C’est le carrefour de tous les fantasmes et de toutes les dénégations : la franc-maçonnerie fascine ou effraie ceux qui n’en sont pas et imaginent une puissante société secrète ; la franc-maçonnerie enferme ses membres sous le lourd couvercle du secret obligatoire. Ce sont là deux périls convergents pour les “fils de la Veuve”. Ceux qui s’illusionnent sur la franc-maçonnerie et sa puissance sont déçus quand ils en constatent la banalité. Ceux qui se soumettent à l’exigence de dissimulation se retrouvent tôt ou tard en porte à faux avec leur entourage privé ou professionnel.

En ce début de XXie siècle, la franc-maçonnerie traverse une crise plus grave qu’elle ne le croit. Certes, elle a fait le ménage dans ses loges et les dérives les plus affairistes ont reculé, mais les fraternelles, ces regroupements de maçons autour d’intérêts de business, existent toujours : sont-elles plus légalistes ou seulement plus discrètes ? Certes, la franc-maçonnerie entrouvre ses portes, mais le Grand Orient a récusé la mixité au début de septembre, en une obstination misogyne hors du temps. Secret, machisme, clientélisme : le mal qui peut asphyxier la franc-maçonnerie, en fait, c’est l’archaïsme. Aucune menace ne justifie plus de telles pratiques, ni l’ambiance paranoïaque qui les entoure.

Ce tropisme d’obsolescence est d’autant plus dommageable que les “frères” souhaitent toujours rester au contact des politiques et influer sur le sort des urnes. Or la classe politique est affamée de modernité – électeurs et médias obligent. Lentement s’opère donc un découplage entre maçons et dirigeants publics. Si les liens demeurent étroits, sont-ils efficaces ? La production législative de la République porte moins que jamais la trace de la “lumière” maçonne. Quand les réseaux comptent plus que l’influence, le déclin est proche.

Dans Le Vrai Pouvoir des francs-maçons, François Koch, journaliste à L’Express, détaille ce qui demeure de l’emprise maçonne sur la société : comment 159 750 personnes oeuvrent et réfléchissent dans leurs loges pour faire avancer leurs idées… et leur pouvoir. Après un septennat d’investigation au sein des obédiences, il présente une sélection des meilleures enquêtes publiée par le journal, et une série d’analyses que lui ont inspirées les évolutions récentes de la franc-maçonnerie. L’Express présente en avant-première les extraits consacrés aux liaisons incestueuses et parfois dangereuses entre politiques et francs-maçons…

Alain Bauer, le “sarko-maçon”

“Combien de ministres fréquentent une loge ? Combien le gouvernement compte-t-il d’anciens maçons ?” Alain Bauer, le plus jeune maçon à avoir été élu grand maître du Grand Orient, s’est toujours amusé à répondre à ces deux questions de journalistes. Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, qu’il a accepté de tutoyer pendant la campagne présidentielle, son compteur de maçons donne des chiffres ridiculement petits. En janvier 2008, l’expert n’en comptait que “deux ou trois”.[...]

[En février 2008], L’Express révèle que, depuis 1995, Xavier Bertrand, le puissant Secrétaire général de l’UMP  appartient à la loge les Fils d’Isis de Terguier (Aisne) au GO, donc la même obédience que Bauer.

A L’Express, le grand maître de la Grande Loge nationale française (GLNF), François Stifani, confie que Christian Estrosi, alors secrétaire d’Etat UMP chargé de l’Outre-mer, a été exclu de son obédience il y a une vingtaine d’années pour défaut de paiement de capitation (cotisation). Selon Sophie Coignard, dans Un Etat dans l’Etat (Albin Michel), il faut citer aussi le très proche de Sarkozy et nouveau ministre UMP de l’Intérieur, de l’Outre-mer et des Collectivités territoriales, Brice Hortefeux, comme ancien maçon de la GLNF. [...] Au printemps 2009, Alain Bauer soutient qu’il y a au gouvernement, après le départ de Xavier Bertrand, toujours un ministre franc-maçon, dans une autre obédience que le GO, et “une demi-douzaine d’anciens maçons“. Alain Bauer connaissait-il l’appartenance au GO de Xavier Bertrand ? Bien sûr que oui. [...] [Xavier Bertrand demande conseil à Bauer au sujet de la révélation de L'Express ; réponse de Bauer] : “Il était très embarrassé et je lui ai conseillé d’assumer.”[...]

Avant la conquête de l’Elysée par Sarkozy, les rumeurs sur l’entrée de Bauer au gouvernement étaient permanentes. Celui que Michel Rocard qualifie de “copain, sympathique et chaleureux” s’évertuait à étouffer ce tintamarre : “Il n’en est pas question, ça a cessé de m’intéresser depuis 1994, année où Rocard a été viré du poste de premier secrétaire du PS et où j’ai quitté ce parti”, affirme-t-il alors. Pour refuser l’offre du président d’un secrétariat d’Etat à la Sécurité publique, Bauer aurait répondu : “Tu n’auras jamais les moyens de me payer !” Comprenez qu’en tant que patron d’AB Associates Bauer gagne très très bien sa vie. Le fin gastronome ne cache pourtant pas qu’il aurait pu être tenté par un poste de ministre d’Etat ou de conseiller à l’Elysée. Si cela lui avait été proposé. “Je préfère pouvoir continuer à dire ce que je pense”, indique Bauer, qui sait qu’auprès de Sarkozy il a beaucoup plus d’influence qu’un secrétaire d’Etat. Une évidence, puisque ce président, plus encore que ses prédécesseurs, partage peu le pouvoir avec ses ministres.

Alain Bauer a ce statut officieux de “M. Franc-Maçonnerie” de la présidence de la République. Chaque fois que Nicolas Sarkozy reçoit des représentants des obédiences, Alain Bauer est chargé d’établir la liste des invités et le plan de table. C’est le cas, le 21 janvier 2009, lorsque Sarkozy présente, pour la première fois, des voeux présidentiels spécifiques aux maçons, juste après la fin d’un Conseil des ministres.

La rencontre a lieu dans un petit salon, pendant trois quarts d’heure. Bauer a invité Pierre Lambicchi, François Stifani et Alain Graesel, les trois grands maîtres respectifs du GO, de la GLNF et de la GLDF, Yvette Nicolas, la grande maîtresse de la GLFF, et Michel Payen, le président du DH. Il s’agit bien là des cinq principales obédiences maçonniques. Bauer y a ajouté son ami Roger Dachez, président de l’Institut maçonnique de France… et lui-même, en tant qu’incontournable ancien grand maître du GO. Même le plan de table ne doit rien au hasard : aux côtés du président de la République sont placés Pierre Lambicchi, à sa droite, et Alain Bauer, à sa gauche. Comme pour bien signifier la domination du GO dans le paysage maçonnique français. Ce qui n’empêche pas François Stifani d’annoncer que, à l’épreuve de la course aux effectifs, sa GLNF montera très bientôt sur la première marche du podium. Ambiance peu fraternelle garantie.

L’enjeu du Parlement

[...] Les trois derniers présidents de la fraternelle parlementaire, qui regroupe les députés et les sénateurs maçons, étaient des socialistes du GO : Christian Bataille (alors député du Nord), Jean-Pierre Masseret (sénateur et président de la région Lorraine) et Pierre Bourguignon (alors député de Seine-Maritime). Mais, depuis l’automne 2008, le président de cette fraternelle n’est ni socialiste ni membre du GO. C’est le sénateur de l’Isère Bernard Saugey, à la fois membre de l’UMP et de la GLNF. Situation inédite !

“Une révolution copernicienne”, reconnaît Philippe Guglielmi, ancien grand maître du GO. Au sommet de cette obédience de gauche, les dignitaires regrettent que cette fraternelle leur ait échappé, mais reconnaissent qu’ils n’avaient pas de candidat susceptible de rivaliser avec Saugey. Seule Michèle André, soeur du DH, sénatrice PS du Puy-de-Dôme et ancienne secrétaire d’Etat aux Droits de la femme dans le gouvernement de Michel Rocard, aurait pu prendre cette présidence… si elle l’avait souhaité. “La place était pourtant convoitée, affirme Saugey. Un poste de pouvoir… si on le veut. Si j’arrive à jouer mon rôle, des parlementaires de droite et de gauche voteront ensemble, sur des sujets de société.” “La fraternelle parlementaire était un bastion du GO, et il l’a perdu”, se réjouit Jean-Claude Tribout, porte-parole de la GLNF.

Les socialistes ont-ils accepté de lâcher prise sur la fraternelle parlementaire parce qu’ils ont leur propre fraternelle ? La “Ramadier”, comme ils l’appellent, rassemble les élus de gauche membres d’une obédience. Elle est présidée par l’ancien ministre et ex-député du Nord Jean Le Garrec, membre du GO. Sur son site Internet, on peut lire : “Nous devons éviter scrupuleusement de nous mêler des problèmes internes des obédiences maçonniques ou des problèmes internes des partis. Nous devons même être attentifs à ne pas donner l’impression que nous pourrions le faire.”

C’est raté ! Dans une missive du 23 février 2009 à l’intéressé, Philippe Guglielmi, à la fois patron des socialistes du “9.3″ et ancien grand maître du GO, accuse Jean Le Garrec de pousser un frère vers un poste de responsabilité au PS : “J’apprends que tu “appuierais” Gaëtan Gorce comme délégué à la laïcité et que l’un des arguments que tu ferais valoir est qu’il serait “bien vu” du GO.” Puis le député PS de la Nièvre est proprement exécuté par l’ancien haut dignitaire : “Je n’ai jamais entendu parler de lui au sein du GO comme s’étant particulièrement illustré sur le front de la défense des valeurs laïques.” Et Guglielmi de reprocher à Le Garrec de s’être en fait trompé de frère à pistonner : “Je connais au moins deux de nos amis, une femme ancienne députée qui lutte contre les sectes et le président de l’Observatoire de la démocratie, qui auraient de réelles compétences dans cette fonction.”

L’allusion apparaît assez transparente en faveur de la soeur du DH Catherine Picard, ex-députée de l’Eure et présidente de l’Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu, et du frère Jean-Francis Dauriac, vénérable de la loge du GO Roger Leray, réputée très à gauche. Résultat de cette empoignade maçonnique ? Le poste de délégué à la laïcité du PS n’a pas été attribué.

Présidentielle : le vrai poids des “frangins”

L’élection présidentielle de 2002 a fait couler beaucoup d’encre. “La moitié de la défaite de Lionel Jospin est due aux membres du GO, à ceux de la Libre Pensée et à leurs familles”, confiait l’ancien grand maître du GO de 1997 à 1999 Philippe Guglielmi, quelques mois après le séisme qui ravagea la gauche.

Jacques Chirac est philomaçon et attentif aux travaux des loges parce que son grand-père était initié, confie Alain Bauer. J’ai par ailleurs d’excellentes relations avec lui depuis 1977, où, lycéen, j’avais suivi une journée de sa campagne pour les élections municipales dans le cadre d’un cours d’éducation civique.” “Son grand-père était membre de la loge la Fraternité, que j’ai fréquentée, raconte Philippe Guglielmi, aujourd’hui premier secrétaire du PS de Seine-Saint-Denis. Lorsque j’étais grand maître, Alain Bauer et moi avons remis à Jacques Chirac le discours du vénérable de l’atelier lors du décès de son grand-père, et ce cadeau l’a beaucoup touché : il avait déjà de nombreux documents maçonniques sur son aïeul, mais pas celui-là.”

Si Chirac est maçonnophile, Jospin est maçonnophobe. Bien que le père de ce dernier ait été franc-maçon, selon Alain Bauer. Le leader socialiste a au moins deux raisons de ne pas vouloir fréquenter les “frères trois points” : “Primo, une forte proportion d’entre eux sont impliqués dans des affaires, ils ont trahi leurs principes, explique Jean-Christophe Cambadélis, député PS de Paris qui a appartenu à la même chapelle trotskiste que Jospin. Secundo, ils sont, comme lui, des gens secrets et infiltrés, ce qui le dérange beaucoup.” Pourtant, il aurait fait de timides tentatives pour s’attirer les bonnes grâces de quelques “frangins”. “Lorsque Jospin me met dans son comité de soutien, raconte Guglielmi, il m’instrumentalise en tant qu’ancien grand maître du GO.”[...]

Dans les années qui précèdent l’élection présidentielle de 2007, les obédiences, et la première d’entre elles en particulier, sont l’objet de convoitises et de tentatives d’instrumentalisation. Ce n’est pas que le contrôle des obédiences donne les clés de l’Elysée, mais leur capacité de nuisance est telle qu’un candidat à la fonction suprême a tout intérêt à ne pas leur déplaire. De ce point de vue, Nicolas Sarkozy dispose de plus d’atouts que Ségolène Royal. En comparaison de la “Madone du Poitou”, jamais en manque d’une expression biblique ou d’une attitude christique, le patron de l’UMP apparaît presque plus laïque, donc plus maçonniquement correct. Ce qui est abusif. Sarkozy le déiste a surtout eu le culot de faire écrire par Alain Bauer plusieurs de ses discours. Et l’ancien grand maître du GO l’a fait en les truffant de références à Jaurès, à Blum et à la République comme un refrain ! Un véritable coup de maître qui bluffe plus d’un frère.

Manifestement, l’entourage maçonnique de Ségolène Royal, de François Rebsamen à Gérard Collomb, de Patrick Mennucci à Christophe Chantepy, est loin d’avoir eu l’efficacité d’un Bauer pour flatter les obédiences dans le sens de l’équerre et du compas. Au “maçonnomètre”, Sarkozy l’emporte donc haut la main sur Royal. Mais les frères ont joué un rôle bien moindre à la présidentielle de 2007 qu’à celle de 2002. C’est qu’en favorisant Chirac et Chevènement au détriment de Jospin, ils ont contribué à provoquer le “21 avril 2002″, la qualification de Jean-Marie Le Pen pour le second tour. Ils n’en étaient pas fiers. D’où, en 2007, leur plus grande discrétion.

L’embrouillamini corse

Parce que le grand maître Simon Giovannaï souhaite apporter sa pierre à la paix en Corse, sur le modèle de ce que son prédécesseur Roger Leray avait réussi en Nouvelle-Calédonie en 1988, il reçoit le 22 janvier 2000 au siège parisien du GO quatre représentants de la direction militaire du FLNC, dont deux poseurs de bombes présumés. Même s’il n’a cessé de le nier, plusieurs participants et témoins confirment que le frère François Rebsamen, le maire de Dijon, alors chargé des fédérations au secrétariat national du PS, participait bien à cette réunion. Forcément pour transmettre un message à Matignon.

Mais l’opération tourne au fiasco. Tous les invités sont au rendez-vous… sauf la discrétion. Deux équipes de police suivent les indépendantistes et les “filochent” jusqu’aux temples de la rue Cadet. Selon Francis Piazza, un policier maçon des RG interviewé par L’Express en septembre 2004, Giovannaï avait contacté préalablement le ministère de l’Intérieur de Jean-Pierre Chevènement, qui mit son veto à la rencontre. Apprenant qu’elle a tout de même eu lieu, avec l’accord tacite de Matignon (Lionel Jospin est alors Premier ministre), le ministère de l’Intérieur se serait-il vengé en faisant “fuiter” l’information dans la presse, d’où le scandale qui coûtera son poste à Giovannaï ? Ce dernier réfute cette thèse et accuse Guglielmi d’avoir donné l’information à un journaliste parce qu’il n’aurait pas supporté qu’une opération au sujet de l’île de Beauté se monte sans lui, alors qu’il est vénérable d’honneur de la loge Pasquale Paoli, l’atelier des Corses du continent.

“J’ai été victime du système KGB (Kessel-Guglielmi-Bauer)”, soutient Giovannaï. “J’avais déconseillé l’opération à Giovannaï et lui-même m’a confié avoir confirmé l’information à un journaliste, ce que moi j’avais refusé”, affirme Guglielmi. Pendant ce temps, Bauer fait campagne pour devenir grand maître et ne se réjouit pas de ce grand déballage. Il cosigne une tribune où s’exprime le regret que le GO semble être devenu l’instrument d’une “diplomatie de l’ombre”. Le gâchis est total. [...]

Document, histoire : la Révolution oubliée

11 octobre 2009

1848, la Révolution oubliée, Maurizio Gribaudi et Michèle Riot-Stacey, Editions La Découverte

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On pourrait penser que ce n’est qu’un  magnifique livre d’images. Mais c’est en vérité un formidable document d’histoire. La révolution de 1848 que vous ignoorez sûrement tant elle a été occultée par l’histoire du Second Empire et de la Troisième République. Et vous ne souvenez sûrement pas des terribles massacres qui ont accompagné la chute définitive de la monarchie en France, celle de Juillet en l’occurrence.

Le texte est fin, très largement inspiré des témoignages d’époque, parfaitement servi par l’iconographie somptueuse qui nous rappelle la grande qualité des illustrateurs de cette époque qui a immédiatement précédé le reportage photographique. Le seul problème est le prix, 39,90 euros qui classe cet ouvrage dans les livres d’Art, alors que c’est avant tout un livre d’histoire. A lire de toute urgence.

Je l’ai étalé sur une table et chaque jour j’en déguste quelques pages.

Télévision : France 2. Faut-il avoir peur de la justice ?

13 octobre 2009

Prise directe est un nouveau magazine de prime time sur France 2, 20 h 30 présenté par Béatrice Schönberg (Fr, 2009). 130 mn.

La chronique d’Hélène Marzolf

Après avoir fait bouger la France en compagnie de citoyens méritants, Béatrice Schönberg reprend du service avec ce magazine de société mensuel qui promet de s’atteler aux « sujets qui font la une ». La question – brûlante – du jour : faut-il avoir peur de la justice ? Présenté en direct du Palais de justice de Paris, l’émission alternera « reportages, débats, révélations », articulés autour de plusieurs thématiques : la question des erreurs judiciaires et la place des experts dans les procès, la lenteur des procédures, les dysfonctionnements d’exécution des peines…

Seront présents sur le plateau des avocats, magistrats ou des « victimes du système », ainsi que la ministre Michèle Alliot-Marie, qui « répondra aux questions concrètes que se posent les Français ». En pleine réforme du système judiciaire, le magazine revendique, comme l’explique sa présenta-trice, une ligne de « proximité » : « Nous souhaitons parler de la justice au quotidien et non faire une émission de débat politique. » Parti pris qui, on l’espère, n’occultera pas les enjeux du moment.

Mon commentaire : En plein procès Clearstream, alors qu’hier la Garde des Sceaux a été vivement prise à partie par Dominique de Villepin, la présence de Michèle Alliot-Marie sur le plateau est-elle vraiment opportune ? Ne peut-elle pas apparaître comme une ingérence de l’exécutif dans le cours de la justice ?

Télé : Nicolas Le Floch, 2° saison

13 octobre 2009

Au cinéma le 23 octobre, à la télévision le 28 octobre

J’ai assisté à la projection en avant première du téléfilm « L’affaire Nicolas Le Floch » coproduit par la Compagnie des Phares et balises et France télévision, pour France 2. 108 minutes à diviser en deux épisodes. Tiré du roman éponyme de Jean-François Parot (Ed Jean-Claure Lattès) Réalisé par Nicolas Picard-Dreyfus.

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De la fiction télévisuelle haut de gamme, très bien tournée, beaux paysages, beaux décors, beaux duels, belles cavalcades dans la forêt.
Le principal attrait de Parot, un diplomate gourmet devenu romancier un peu par hasard, réside dans la précision scrupuleuse apportée au tableau du Paris du XVIIIe siècle qu’il propose dans ses romans. Il y mêle avec talent événements historiques et intrigue policière solidement construite. On sent planer l’ombre de Dumas et de Balzac (Vidocq) dans ces histoires menées de main de maître. On songe aussi aux enquêtes du fameux Lecoq créé par Emile Gaboriau au XIXe siècle. Le film se situe dans cette droite ligne.
Ici, dans cette « Affaire Nicolas Le Floch », c’est l’histoire d’un grand flic aux prises avec les Ennemis du pays, en essayant de se débattre dans les filets des manipulations subtiles développées par les agents secrets au service du pouvoir. Et à leur propre service. Ça vous rappelle bien sûr quelque chose ?… Vous n’y êtes pas, nous ne sommes pas dans notre temps, mais au XVIII° siècle.
Aidé par une belle jeune femme maligne, La Satin,

la très jolie Vimala Pons, en ardent collaboratrice de Le Floch

la très jolie Vimala Pons, en ardente collaboratrice de Le Floch

Nicolas Le Floch, un jeune et brillant commissaire au Châtelet – l’ancêtre de la Préfecture de police et de la police judiciaire, enquête pour le compte de M. de Sartine, lieutenant général de police du Roi, autrement dit le Préfet de police. A la fin du règne de Louis XV, sur fond de luttes de pouvoir, les complots et les meurtres vont bon train : disparitions mystérieuses, meurtres, vengeances, conspirations contre le Roi. Nicolas Le Floch apprend la mort de la très jolie Julie de Lastérieux, empoisonnée à la veille de son mariage. On soupçonne Nicolas d’avoir supprimé sa maîtresse par dépit amoureux. Nicolas Le Floch est contraint d’enquêter pour son propre compte. Il apprend par Monsieur de Sartine, que la belle Julie de Lastérieux, appartenait en fait aux services secrets du roi. En la supprimant, on a tenté d’entraîner Nicolas dans une sombre machination. Afin de l’éloigner provisoirement des périls de l’enquête, Louis XV, qui lui conserve toute sa confiance, le charge d’une mission très spéciale à Londres, où il s’agit de ramener à la raison Monsieur de Morande, pamphlétaire peu reluisant qui veut publier « Les mémoires d’une femme publique », lesquelles mettraient en cause le ban et l’arrière ban du Royaume. Bien que la torture soit monnaie courante, Nicolas veut des preuves avant d’accuser. Des tripots aux salons feutrés de Versailles, de la Basse-Geôle aux bordels de la Paulet, il s’y attelle avec acharnement et parvient au bout de cette enquête des plus délicates. Malgré bien des obstacles il  éclaircira l’énigme de la mort de Julie de Lastérieux, éventant un  complot ourdi par Choiseul contre Louis XV qui devait laisser la place à son fils, le Dauphin.
Dans cette aventure rocambolesque le jeune commissaire croise le Chevalier d’Éon, et Beaumarchais, censé être le chef du Secret du Roi, les RG de l’époque. Beaumarchais, Yves Bertrand, même combat ? On est proche de l’histoire réelle… C’est l’occasion de rappeler que sous Louis XV la France a failli devenir la plus importante puissance du monde en matière de renseignement !
Outre le sémillant Jérôme Robert, en Nicolas Le Floch, très à l’aise en flic honnête et joli garçon, j’ai apprécié l’interprétation de Sebastien Thiery, en Beaumarchais chef du Secret du Roi – c’est à peu près avéré – et surtout la composition savoureuse de François Caron en Lieutenant général de police. Il est possible que Hugues Pagan, le scénariste, se soit inspiré pour tracer le portrait du « chefs des flics » sous Louis XV des figures de quelques préfets de police récents. En tout cas, ça m’a rappelé des souvenirs précis.

Nicolas Le Floch Jérôme Robart

Inspecteur Bourdeau Mathias Mlekuz

La Satin Vimala Pons

M. de Sartine François Caron

La Paulet Claire Nebout

Le Chevalier d’Eon Philippe Demarle

Beaumarchais Sebastien Thiery

Pas d’interdiction pour un livre sur la femme du Président tunisien

13 octobre 2009

Selon l‘AFP (01/10/200) la justice française a débouté l’épouse du président tunisien, Leila Trabelsi, qui demandait l’interdiction d’un livre à paraître comportant, selon elle, des passages diffamatoires à son encontre. Dans “La régente de Carthage”, les journalistes Nicolas Beau et Catherine Graciet évoquent le “rôle déterminant” de l’épouse du président Zine El Abidine Ben Ali dans la gestion de la Tunisie et dénoncent “le silence complice de la France”. L’ouvrage est publié aux éditions La Découverte et tiré à 18.000 exemplaires, a été mis en vente jeudi.

Leila Trabelsi, épouse Ben Ali, demandait l’interdiction de la publication et de la diffusion de l’ouvrage ainsi que le retrait des exemplaires déjà en circulation, considérant qu’il comportait “des passages diffamatoires et d’autres injurieux”.

Saisi en référé, le tribunal de grande instance de Paris a rejeté mercredi 30 septembre la requête de Mme Trabelsi, considérant notamment que celle-ci “n’a pas respecté dans son assignation l’obligation qui pèse sur elle d’indiquer les textes de loi applicables à la poursuite”.

Ce défaut “met les défenseurs dans l’incapacité de savoir exactement ce qui leur est reproché et d’organiser leur défense”, précise le tribunal dans son ordonnance.

Gaza, le Grand mensonge

18 octobre 2009

Un musulman préface et soutient “Gaza le grand mensonge”, le livre de Claude Moniquet gaza-mohamed-sifaoui-soutient-le-livre-de-moniquet

Livre : Nicolas, sa première maîtresse

22 octobre 2009

C’est la grande info du jour que nous sert Gala, l’incontournable magazine des people, un papier repéré par Bruno Roger-Petit.

Anne-Marie Laroche-Verdun, la première maîtresse de Nicolas s’est répandue dans un livre pour raconter ses aventures avec le Président, aux Editions Fizzi. Elle revendique l’honneur de lui avoir appris à écrire. Ah bon, il sait écrire ? En tout cas, il ne sait pas écouter.

Vous l’avez compris : cette dame a été sa première maîtresse… d’école, au cours Saint-Louis. Car, bien sûr, Mon Président n’a jamais fréquenté la moindre école publique. Saint-Louis, puis le collège Sainte Croix (de Neuilly).

Il était une fois un petit écolier qui rêvait d’être le plus grand… Il avait quatre ans et demi, et déjà Sarkozy perçait sous Nicolas. Blabla. Pour une fois qu’on ne parle pas de Jean, Papa devrait être content.

“J’ai été la première maîtresse de Sarkozy”, Anne-Marie Laroche-Verdun, Editions Fizzi

Livre, document : Force à la loi

25 octobre 2009

Force à la loi, Laurent-Franck LIENARD, 251 pages, Editions Crépin-Leblond, juin 2009

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Présentation par l’éditeur : Policiers nationaux et municipaux, gendarmes, douaniers, militaires, agents de sécurité des transports, tous participent au maintien de l’ordre public en exposant leurs vies. Tous sont armés, ou susceptibles de l’être. Très peu sont réellement formés à affronter cette douloureuse obligation d’avoir à tirer sur un individu. Moins nombreux encore sont ceux qui savent ce qui suivra l’usage de leur arme et la manière dont il faut s’y préparer. Il n’y a malheureusement pas de solution miracle dans cette matière difficile, mais certaines clés peuvent être apportées pour favoriser l’issue d’une telle expérience. L’ouvrage de Laurent-Franck Lienard est un véritable guide de procédure opérationnelle à la disposition des personnes en charge de la sécurité de notre pays. Il apportera des réponses concrètes et précises aux nombreuses questions que tout agent de la force publique est en droit de se poser. Loin du politiquement correct, ancré dans la réalité, ce livre commence là où la théorie s’arrête.

L’auteur : avocat atypique, diplômé de l’Institut des hautes études de la sécurité intérieure, officier de réserve de la Gendarmerie Nationale, maître de conférence à l’ENSP et à l’ENSOP, mais aussi formateur juridique des Groupes d’Intervention de la Police Nationale, de la Gendarmerie Nationale et de la Marine Nationale, Maître Lienard se bat depuis presque 20 ans aux côtés des forces de l’ordre et des victimes d’agressions. Il est membre de l’Association internationale des instructeurs de tir de police (IALEFI) et Master Instructor Taser.

Roman – La forêt des Mânes- Jean-Christophe Grangé

25 octobre 2009

Roman – Un nouvel opus de Jean-Christophe Grangé, la forêt des Mânes, Albin Michel, septembre 2009.  Depuis “Le vol des cigognes“, son premier roman publié en 1994 chez Albin Michel, inspiré par un reportage, en passant par “Les rivières pourpres” et cinq autres romans, Jean-Christophe Grange applique avec rigueur sa formule : une enquête précise et approfondie, le développement d’une fiction à partir de cette recherche, autour d’un thème qui tourne désormais le plus souvent autour de la folie. Avec un goût non dissimulé pour l’horrible et les pratiques démoniaques.

La Forêt des Mânes est l’application stricte de cette recette. Avec un bel art du conte, de la mise en scène. Une écriture souvent brutale qui va le plus souvent au-devant de l’effrayant et de la frayeur. Ici : la vie d’une juge d’instruction de Nanterre, une série de meurtres assortis de pratiques cannibales. L’autisme pour le versant folie, les épouvantables tortures développées par les généraux argentins durant la dictature…

C’est surtout la métaphore de la plongée dans l’enfer ténébreux de nous-mêmes, le parcours initiatique de Jeanne, l’héroïne, vers la connaissance profonde de soi. Un parcours tempétueux, terrible. Mais au bout duquel elle retrouve la vie après avoir été obligée de tuer le monstre, monstre et fils du père. Illustration d’une des grandes théories freudiennes sur la nécessité de tuer le père pour trouver la vraie vie.

Pour le reste, il ne faut rien raconter de ce livre sauf à le déflorer, et ce serait dommage.

Mémoires de Jacques Chirac

3 novembre 2009

Sous le titre “Chaque pas doit être un but” Jacques Chirac, l’ancien Président de la République, publie ses mémoires le jeudi 5 novembre aux Editions Nils.
Je ne lis jamais les mémoires des hommes politiques, entreprises d’hagiographie, en général renforcées par l’assistance d’un écrivain “nègre”.

Les premiers extraits dans la presse augurent d’une belle bataille médiatique avec Giscard d’Estaing et Edouard Balladur.

Télévision : Un mur de Berlin, vingt ans plus tard

4 novembre 2009

Télévision, France 2, “prime time”. 2 heures, réalisation Patrick Rotman.

France 2 nous a offert de nouveau une superbe enquête documentaire. Un mur à Berlin, documentaire diffusé demain mardi en prime sur France 2, somme passionnante sur prés de cinquante ans d’histoire du communisme. Un travail de longue haleine sur la ville- symbole de la division de l’Europe, du bloc Est-Ouest.

J’ai vu le mur, avec ma femme nous l’avons franchi à pied en 1967 pour explorer Berlin Est, un désert gris et alors encore en partie en ruines. Nous avons été suivi touteNous avons regardé la télévision : celle de l’ouest présentaire des spectacles de music-hall, celle de l’est montrait des défilés militaires organisés au nom du “rapprochement entre les peuples”. Je reprends certains éléments d’un entretien avec Patrick Rotman.
-Pour englober cette histoire se déroulant entre 1945 et 1989, nous avons fait un énorme travail sur les archives, qui proviennent de plusieurs sources : des films de l’armée américaine tournées en 35 mm dans les années 60, des images russes en couleur de la RDA dans les années 50, des documents d’amateurs, des films de la Stasi, des archives de télévision allemandes, soit une centaine d’heures en tout. Pour les rassembler, les identifier, les dater, c’était un vrai travail de bénédictin.
-Un documentaire d’amateur ouvre votre film. -Cette évasion en ULM en mai 1989 par trois frères avec survol du mur à 4h du matin est un moment vraiment fort. On a aussi eu de la chance de récupérer des archives privées, comme celles de ce couple qui s’évade et se filme lui-même, ou celles du pont aérien lors du blocus de Berlin entre 1948 et 49 prises par un pilote américain .
Des archives inédites? en partie. Celles par exemple, en noir et blanc, de la révolte ouvrière de juin 1953 sont des images incroyables, saisissantes, puissantes d’avant le Mur, ou celles de la Stasi, qui sont des images clandestines. Pour mon compte, je retiens l’image en apparence anodine, mais formidable, enregistrée le 8 novembre 1989, alors que le mur s’ouvrait : un Vopo (policier de l’est) contemple avec accablement et incrédulité la ruée des Berlinois de l’est vers l’ouest.

Les prix littéraires, suite

4 novembre 2009

Après le Renaudot de Frédéric Beigbeder, lundi 2 novembre, Grasset double la mise en remportant le prix Médicis grâce à Dany Laferrière et son très beau roman L’Enigme du retour.

Dany Laferrière est haïtien. Son oeuvre l’a emporté au premier tour de scrutin par 4 voix contre 1 voix à Justine Lévy pour Mauvaise fille (Stock) et 1 voix à Alain Blottière pour Le Tombeau de Tommy (Gallimard). Le Médicis étranger a couronné à l’unanimité l’Américain Dave Eggers pour Le Grand Quoi (Gallimard). Quant au Médicis essais, il a été attribué à Alain Ferry pour Mémoire d’un fou d’Emma (Seuil).

Avec Maire Ndiaye et Frédéric Beigbeder, voici un ensemble d’écrivains bien ancrés dans l’identité française…

Radio : A écouter sur Radio Nova

4 novembre 2009

RADIO NOVA diffusera du lundi 23 au vendredi 27 novembre 2009, une nouvelle série documentaire intitulée « Ma première nuit chez moi… ».

Cette collection de 5 témoignages donne à entendre les voix de 4 filles et un garçon qui racontent leur première nuit chez eux. Tous se souviennent de cette première nuit où les sentiments les plus contradictoires pouvaient se déployer : la joie, la légèreté, l’espoir mais aussi l’angoisse, la souffrance, la gravité, la peur, l’abandon.

Souvenez-vous ! Jeunes, nous n’avions souvent qu’une idée en tête : quitter le toit familial pour vivre notre vie. Parfois même, les parents nous y encourageaient…  La chambre de bonne au 7ème étage sans ascenseur avec douche et WC sur le palier, la chambre en résidence universitaire ou la colocation étudiante, autant de moyens de s’affranchir. On avait envie de découvrir les joies du premier déménagement en solitaire ou en couple, la lessive à la laverie du coin, la vaisselle sale dans l’évier, le ménage, la cuisine à la va-vite et l’indépendance dans sa vie sentimentale… Tout ça avait la couleur et l’odeur de la liberté.

Aujourd’hui encore, le rêve est le même malgré l’allongement des études, la difficulté à trouver un emploi et un logement. En effet, selon une récente enquête de l’INSEE, 50% des jeunes, entre 18 et 29 ans, vivent loin du nid familial et l’âge moyen du départ se situe à vingt-deux ans et demi, les filles partant un peu avant. Sans doute sont-elles plus mûres, plus débrouillardes et plus tentées d’échapper à la surveillance de leurs parents…

En réalisant cette collection, Joseph Beauregard a voulu faire entendre la pluralité des sentiments et des situations. « J’ai pensé qu’en questionnant la jeunesse sur cette nuit singulière, je pouvais peut-être réussir à faire entendre des paroles précieuses sur la fin de l’adolescence et l’entrée dans la vie adulte, autrement dit, le passage d’une rive à l’autre… ».

« Ma première nuit chez moi… », une collection de 5 témoignages.
Du lundi 23 au vendredi 27 novembre 2009
Diffusions à 8h10 et à 18h20.

Groupe NOVAPRESS / RADIO NOVA – TSF JAZZ

Le Prix Femina, Gwenaelle Aubry

9 novembre 2009

Nouvelle victoire pour Gallimard qui remporte, lundi 9 novembre, via sa filiale Le Mercure de France, le prix Femina avec Gwenaëlle Aubry et Personne. Elle l’a emporté au deuxième tour de scrutin par 7 voix contre 4 à Brigitte Giraud pour Une année étrangère (Stock) et 1 voix à Yannick Haenel pour Jan Karksky (Gallimard, “L’Infini”)

Côté roman étranger, la Suisse se voit doublement récompensée, grâce à Mathias Zschokke et son roman Maurice à la poule édité par la maison genevoise Zoé.

Dans la catégorie des essais, le prix a récompensé Michelle Perrot pour Histoire de chambres (Seuil)

Prix Femina : Gwenaëlle Aubry, Personne

Romancière et philosophe, Gwenaëlle Aubry est née en 1971. Elève à l’ENS et au Trinity Collège de Cambridge, elle est agrégée, docteur en philosophie et chargé de recherche. Après avoir collaboré à divers essais, elle se lance dans la fiction en 1999 avec Le Diable détacheur (Actes Sud). Dès ce premier roman qui dépeint les affres et tourments d’une jeune fille amoureuse d’un homme mûr, se révèle une écriture fine, soignée.

En 2002, avec L’Isolée (Stock), Gwenaëlle Aubry prête sa plume à une jeune femme de 20 ans – qui n’est pas sans rappeler Florence Rey – amoureuse d’un homme révolté par le sort réservé aux sans abris. A sa suite, elle composera L’Isolement (Stock, 2003), un très beau texte sur l’enfermement et la dépossession.

Deux romans qui s’éclairent d’un jour nouveau à la lecture de Personne (Mercure de France). Un récit singulier et émouvant sur son père, François-Xavier Aubry. Professeur à la Sorbonne, spécialiste de la décentralisation, celui-ci a souffert toute sa vie de psychose maniaco-dépressive, maladie qui l’a emporté. A partir du journal qu’il a tenu et intitulé “ Mouton noir mélancolique ” mais également de ses souvenirs, Gwenaëlle Aubry tente de retracer l’histoire éclatée de ce père qui se voyait pirate, clown, SDF. En 26 chapitres, comme autant de fragments d’identités fugaces, à mots retenus, se dessinent le portrait d’un homme complexe et attachant, étranger à lui-même, au monde.

Goncourt : les lauréats seraient astreints au devoir de réserve ?

9 novembre 2009

Probablement furieux d’avoir vu le prix Goncourt à Marie Ndiaye, une bonne Française quoique puissent en penser certains, Eric Raoult vient d’inventer un nouveau concept politico-littéraire : les lauréats du goncourt seraient astreints à un devoir de réserve. Portant les valeurs de la culture française dans le monde, ils n’auraient plus le droit de porter des jugements sur la vie politique en France, quand ces jugements pourraient porter tort. A notre Président, par exemple. Il faut dire que l’écrivaine n’y va pas avec le dos de la cuiller lorsqu’elle s’en prend nommément au Président, à son Ministre de l’intérieur Brice Hortefeux, et au ministre de l’identité nationale, Eric Besson. Apparemment Eric Raoult voudrait que ces ce scandale. eric-raoult-rappelle-marie-ndiaye-a-son-devoir-de-reserve

Héroïne : de l’Afghanistan au bocage normand, M6

11 novembre 2009

M6, zone interdite, 9 novembre. Les routes de la drogue. Réalisation Camille Le Pommelec. Présentation Melissa Thuriau 4250

Je ne voyais pas le rapport entre le bocage normand et la Bulgarie, un itinéraire suivi cet été par mon ami réalisateur de télé Camille Le Pommelec. J’ai compris en regardant le superbe documentaire qu’il a réalisé pour essayer de comprendre comment des jeunes ruraux du bocage normand pouvaient se procurer de l’héroïne, apparemment en quantités notables : il a remonté la piste, depuis les drogués, jusqu’aux fournisseurs hollandais – dénonçant au passage le laisser faire des magistrats hollandais – puis jusqu’à l’entrée de la dope en Europe, au poste frontière entre le Turquie et la Bulgarie. De la belle ouvrage, ponctués de précieux témoignages, et même de superbes paysages normands. A revoir par : M6 replay, mot clé, drogue

Bricombert lauréat du Prix Varenne

11 novembre 2009

Yann-Olivier Bricombert, journaliste à Ouest-France à la rédaction de Trouville, est l’un des quatre lauréats français du prix Alexandre Varenne 2009. Yann-Olivier Bricombert s’était rendu au Havre pour un reportage intitulé « Les matelots du monde accostent au Seamen’s club ». Son article présentait ce refuge pour marins de commerce du monde entier. En escale au Havre, ils trouvent au Seamen’s club de la chaleur humaine, du réconfort et des téléphones pour joindre les familles restées sur d’autres continents.

Le prix Alexandre Varenne récompense chaque année les meilleurs articles de la presse quotidienne régionale et départementale. Les trois autres lauréats de ce prix, présidé par Franz-Olivier Giesbert, sont du journal Sud-Ouest et du Berry Républicain.

Yann Olivier est l’un des nombreux jeunes journalistes que j’ai l’honneur de conseiller, à l’occasion, et qui tirent bien les fruits de mon enseignment

Cinéma : A l’origine, de X.Giannoli, avec Cluzet

15 novembre 2009

Cinéma – J’ai donc vu “A l’origine”, de Xavier Giannoli, avec Cluzet et Emmanuelle Devos. 2 h 30. Sélectionné au festival de Cannes.

Je pense que bientôt on ne désignera plus François Cluzet que par son seul patronyme. Tant à chaque film il avance d’un nouveau pas vers le statut non de super star, mais de très grand comédien. Capable de transcender son propre personnage, capable de donner une vie intense à des histoires sans rime ni raison. Ici celle d’un modeste escroc, plus looser que looser, Philippe Miller. qui, évidemment ne s’appelle pas plus Miller que moi. Tout juste sorti de prison, ce solitaire  vit d’expédients sur les routes. Un jour, il découvre par hasard un chantier d’autoroute abandonné, arrêté depuis des années par des écologistes qui voulaient sauver une colonie de scarabées. L’arrêt des travaux avait été une catastrophe économique pour les habitants de cette région. Philippe y voit la chance de réaliser sa plus belle escroquerie en relançant le chantier pour pomper des commissions occultes sur les entreprises participantes. Mais il se prend les pieds dans le tapis, il est dépassé par ce qui n’était qu’un jeu, une incroyable histoire… Il réussira même à construire son bout d’autoroute venu de nulle part, et qui ne va nulle part.

Le prétexte est plus que bon pour décrire avec réalisme et délicatesse une communauté plutôt rurale du Nord. Pas un village de rêve fantasmé à la Dany Boon, mais des “vrais gens”, qui tentent désespérément de s’en sortir, prêt à croire n’importe qui pourvu qu’il y ait du travail pour ses habitants. Le film est inspiré d’un fait divers réel. Laurent Leguevaque, le juge d’instruction en charge de l’affaire qui s’est déroulé dans la Sarthe rapporte cet aveu étonnant du vrai personnage.« Pour la première fois de ma vie, j’étais quelqu’un »
La présence du documentariste Daniel Karlin parmi les scénaristes explique la qualité de ce qui est aussi un excellent document social

Roman : le livre des choses perdues

17 novembre 2009

Roman : Le livre des choses perdues, John Connoly, 349 pages, traduit de l’anglais irlandais, Editions de l’Archipel, septembre 2009

C’est en quelque sort un conte de fées pour adultes. Une vraie fantazy à la Britannique. Un conte de fées avec tous les personnages connus des Contes, de Blanche Neige escortés de ses sept nains au Petit Chaperon rouge en passant par la fée Mélusine, la Belle au Bois dormant et d’horribles dragons. Des forêts sombres, des châteaux fantastiques, des souterrains, des chaumières, des chevaliers. Mais un conte de fées où toutes les histoires, tous les personnages seraient détournés de leur essence pour entrer dans des sagas terrifiantes, plus noires que noires.

C’est avant tout l’histoire d’un petit garçon, David, dont la Maman est morte. Il croit l’entendre l’appeler, la nuit. Il décide de partir à sa recherche en passant dans l’autre monde, le monde invisible des peurs, des cauchemars, des légendes maléfiques. On a l’impression de plonger tout droit dans les tréfonds révélés par une psychanlyse, où les terreurs intimes s’incarneraient en personnages improbables. La référence la plus évidente est la mode des bandes dessinées noirs, à la Enki Bilal. L’auteur ne se cache même pas des références psychanalytiques. Il faut aller voir du côté de Bruno Betelheim, et de sa “psychologie des contes de fées”.

C’est aussi l’histoire du passage à l’âge d’homme, qui doit être effectué sans aide, sans appui. Papa et Maman ne sont plus là pour affronter les grandes épreuves de la vie, il faut se débrouiller seul. Je crains que, malheureusement, le livre ne soit un peu rude pour les adolescents. Même si les enfants aiment les “histoires qui font peur”. On peut toujours le leur conseiller, pour les aider à comprendre ce qui les attend dans leur vie d’adulte.

Je ne vous laisserai sur votre faim que sur un point : je ne vous dirai rien du contenu du “Livres des choses perdues” que le héros David cherche éperdument à lire.

Walther, retour en résistance, documentaire

17 novembre 2009

Mon ami Bruneau Levy vous recommande chaudement d’aller voir pendant qu’il est temps :

Documentaire, Walther, retour en résistance, réalisation Gilles Perret, 1 h 26

Quatre sites de projection : Espace Saint-Michel 7, place Saint-Michel, 75005 Paris Pandora 6, allée Simone-Signoret (place du marché), 78260 Achères Utopia Stella 1, place Pierre-Mendès-France, 95310 Saint-Ouen-l’Aumône Les 4 Vents centre commercial Les Quatre-Vents, 77170 Brie-Comte-Robert

A travers son documentaire sur Walter Bassan, ancien résistant et ancien déporté, le réalisateur Gilles Perret interroge les valeurs du Conseil National de la Résistance que tente de mettre à bas le président Nicolas Sarkozy et sa majorité.

Le film commence par un scène inouïe : le Président plaisantant grassement en mars 2008 sur le site du plateau des Glières. Nicolas Sarkozy se rend en l’un des hauts lieux de la résistance. Devant le monument aux maquisards, à deux pas des tombes de 105 d’entre eux tombés au combat, le chef de l’État se recueille quelques dizaines de secondes. Puis se dirige vers les anciens résistants présents pour les saluer.  Regarde à peine les deux républicains espagnols venus risquer leur peau plus de soixante ans plus tôt pour cette France qu’il est censé incarner, tout juste capable de leur dire : « Très heureux. C’est formidable ! Et en plus, moi je défends les Espagnols. » Rictus amusé, il enchaîne : « Mais les Italiens sont pas mal non plus… Maintenant que je suis marié à une Italienne, hein… ». Sourire crispé, il observe un jeune militaire : « Il est beau, ce chasseur alpin ! Vous savez que j’ai été jeune, moi aussi ? » Atterrés, les anciens résistants ne disent mot, un gradé de l’armée français précise : Nous nous sommes refusés à laisser des résistants qui étaient tombés dans une embuscade enterrés dans une fosse commune. Nous les avons ramenés ici dignement », Le président ne feint même pas de se sentir concerné. Il rigole sur l’habit rose d’une membre de l’assistance. Et il faut rendre grâce à Gilles Perret, réalisateur du film Walter, retour en résistance, que d’être le seul caméraman – alors qu’ils étaient des douzaines sur place – à avoir immortalisé cette scène. Elle ne doit pas nous détourner de l’essentiel. Walter, retour en résistance, sorti dans toute la France le 4 novembre, raconte l’histoire de Walter Bassan, ancien résistant, arrêté à 17 ans en mars 1944 et déporté à Dachau.

De ce portrait intime, celui d’un homme assez résolu pour n’avoir rien renié des convictions l’ayant poussé à prendre tous les risques plus de 60 ans auparavant, de ce film serein, se dégage paradoxalement une grande force. La conviction – aussi – que les idéaux du Conseil national de la résistance ne sont pas morts, ne pourront trépasser malgré les coups de boutoir et les innombrables tentatives de récupération de la majorité. L’invitation – enfin – à ne pas baisser les bras. « Le moteur de la résistance, c’est l’indignation. Je vous conseille à tous d’avoir votre motif d’indignation, », déclare Stéphane Hessel dans le film. « L’esprit de la résistance est toujours vivant », lui fait écho Walter Bassan.


18:30

Michel Serres : même un philosophe doit être précis !

19 novembre 2009

Ce 15 novembre sur France Info, dans son dialogue avec Michel Polacco, dans la foulée de l’anniversaire de la chute du mur de Berlin, qui fut naguère la capitale de l’espionnage, le philosophe Michel Serres s’interroge sur l’espionnage, dont il définit les contours, action collective s’il en fut, où les actions totalement individuelles ne trouvent pas de place.

« L’espionnage est intemporel, et il a ses héros : Farewell, toute récente vedette d’un film assez romancé, OSS 117, James Bond, SAS, mais aussi Mata-Hari, l’espionne la plus célèbre, et le SDECE, caricaturé par Pierre Dac. Alors l’espion, un métier de gentleman ou de voyou ? »

Serres revient à plusieurs reprises sur ce concept d’action collective, soulignant qu’il ne peut en être autrement. Alors pourquoi s’être lancé dans un portrait vibrant d’Alan Türing, un mathématicien britannique, crédité de l’invention de la machine Kolossus, en fait un ordinateur déjà assez avancé, qui aurait permis de décrypter les secrets de la machine Enigma ? Voici un individu qualifié « l’un des plus grands espions de l’Histoire » qui aurait à lui seul permis de gagner la guerre de l’espionnage ? Avec un autre mathématicien, Welchman, Alan Turing est à la pointe de ces travaux de recherche, et avant la fin de la guerre, il conçoit une machine électronique, le Kolossus, qui permet de décrypter tous les messages allemands.

Michel Serres s’est totalement contredit. Et, en plus, a parlé d’un domaine qu’il ignore manifestement. Comme je l’ai expliqué dans mon livre « Dans le Secret des Services », ce sont les services du chiffre de l’armée polonaise qui dès 1939 ont percé le mystère de la machine à crypter Enigma. Le développement des contre mesures a été assuré d’abord par les services français, puis par les Britanniques dans un centre de recherche géant à Blaechter Park.

Türing n’a jamais été espion. S’il a bien été l’un des théoriciens de l’informatique moderne et a donc participé au projet Kolossus, il n’est pas « l’inventeur unique ». En effet, comme mathématicien, il a contribué à développer les algorithmes utilisés pour mettre au point les logiciels de Kolossus.

Libre à Michel Serres d’affirmer en outre que la pomme d’Appel aurait été choisie par Steve Jobs par référence à la pomme empoisonnée dans laquelle a mordu Türing pour se suicider. Cette hypothèse est plus que contestée.

A vouloir trop bien prouver, Michel Serres a surtout démontré que même un philosophe de renom doit s’informer de façon complète avant de parler.

http://www.france-info.com/chroniques-le-sens-de-l-info-2009-11-13-l-espionnage-368623-81-173.html – ancreduplayer

Oprah Winfrey part… chez elle

20 novembre 2009

Vraie révolution médiatique aux EU : selon le NY Times, l’animatrice vedette de CBS, Oprah Winfrey va mettre un terme à son émission “The Oprah Winfrey Show,” fin 2010 afin de se consacrer à sa propre chaine de télévision. Ms Winfrey est l’une des présentatrices les plus influentes du monde médiatique américain. Elle est en quelque sort incontournable. Mais depuis quelques temps son audience s’effritait.

Oprah Winfrey will end her talk show in September 2011.

Commentaires du New York Times

A spokeswoman for Ms. Winfrey’s production company, Harpo, confirmed Thursday evening that Ms. Winfrey would make an announcement on her show on Friday. The plans were first reported by WABC, the ABC station in New York City.

“The sun will set on the Oprah show as its 25th season draws to a close on Sept. 9, 2011,” Tim Bennett, the president of Harpo, said in a message to affiliates.

After her broadcast talk show winds down, Ms. Winfrey will concentrate on her coming cable channel, OWN: The Oprah Winfrey Network. OWN will have its premiere in January 2011, according to a person with knowledge of Ms. Winfrey’s decision who insisted on anonymity.

Ms. Winfrey, 55, informed her talk show staff of her decision on Thursday afternoon. The television world had expected that she would make a decision about the fate of her program by the end of the year.

Ms. Winfrey told her staffers that she will not transfer the show to cable. She is expected to produce new programs for OWN, and may appear on some of them.

In a statement, CBS Television Distribution said, “

We have the greatest respect for Oprah and wish her nothing but the best in her future endeavors. We know that anything she turns her hand to will be a great success. We look forward to working with her for the next several years, and hopefully afterwards as well.”

Document : histoire secrète du patronat

26 novembre 2009

Document : Histoire secrète du patronat, sous la direction de Benoît Colombat et David Servenay, Ed La Découverte. 719 pages. Index, sources

C’est un énorme pavé, à la hauteur de son ambition. Bien qu’en principe – et peut-être par principe – je sois plutôt hostile aux livres collectifs, l’ampleur du sujet nécessitait des collaborations multiples si on voulait mener à bien le sujet. Ils sont donc cinq à s’être répartis le travail, Colombat et Servenay, bien sûr, qui ont non seulement écrit mais en plus rendu cohérent et lisse l’ensemble, puis Frédéric Charpied, Martine Orange et Erwan Seznec.

Mais le désagrément du système d’exposé par article s’efface vite tant les enquêteurs ont su trouver des perles incroyables. Ce n’est pas une histoire, mais bien une véritable encyclopédie des turpitudes commises par la patronat français de 1945 à aujourd’hui.

Il est évidemment impossible de tout citer. Aussi, de propos délibéré j’ai choisi de braquer le projecteur sur la manière utilisée par le patronat français pour recruter sa main d’oeuvre à très bon marché (au lieu de moderniser l’outil industriel) en pillant litéralement les pays voisins. Indifférent aux objurgations des gouvernement voisins, du Portugal, d’Italie, d’Espagne ; puis bientôt d’Algérie et du Maroc ont été recrutés des dizaines de milliers de travailleurs. De façon assez étonnante, au lieu de se fier à des procédures légales qui auraient permis aux arrivants de bénéficier de droits majeurs, on a “organisé l’immigration clandestine. Cette clandestinité contre laquelle certains édiles protestent tant aujourd’hui : eh bien, le patronat est à l’origine.  Mais pas de surprise, quand la conjoncture s’est retournée en 1973, après le premier choc pétrolier, les immigrés sont repassés  au statut de détestables clandestins. Belle enquête d’Erwan Seznec. Avec juste une critique : il a oublié de citer les rôles de Jacues Chirac et d’Edouard Balladur dans cette opération.

Un écrivain sympa et gonflé : Mordillat

26 novembre 2009

Gérard Mordillat est un écrivain sympa et gonflé, il en reste. BiblioObs nous révèle son choix

Xavier Darcos devrait remettra le 7 décembre prochain le premier «prix littéraire du roman d’entreprise». Parmi les trois finalistes de la sélection figure Gérard Mordillat, pour «Notre part des ténèbres» (Calmann-Levy). Mordillat n’y va pas par quatre chemins.

Les-Vivants-et-les-morts.jpg

«Je n’irai pas à la remise du prix, d’une parce que je suis dans les finitions de ma série «Les Vivants et les morts» (8×52′ d’après mon roman pour France 2 et Arte) et de deux parce que je ne veux pas être dans l’obligation de serrer la main – même au titre de simple politesse – à un membre d’un gouvernement qui s’enorgueillit d’avoir un ministère du racisme et de la xénophobie, qui stigmatise les chômeurs comme des feignants et les salariés comme des privilégiés, qui taxe les indemnités des accidentés du travail etc, bref qui développe une philosophie facho-libérale que tout en moi réprouve, que tout en moi combat.

Mais a-t-il vraiment le droit de s’exprimer ?

Roman – Le testament syriaque – Barouk Salamé

1 décembre 2009

Rivages-Thriller, Editions Payot février 2009 -

Ce testament syriaque, ce sont 522 pages pour un pseudo thriller particulièrement alumé. Dans tous les sens du terme, car on passe son temps là-dedans à s’allumer par toutes les armes possibles, du taser au fusil à fléchettes, du bon Manhurin des familles à toutes sortes de pistolets mitrailleurs, sans oublier différentes formes de poignards. Car l’auteur – qui écrit sous pseudo – est peut-être avant tout un excellent connaisseur des armes de poing. Mais aussi, fort probablement, un véritable expert en islamologie ancienne avec ses prolongations dans les différents mouvements fondamentalistes qui essaiment dans le monde.

En vérité, l’islamologie est le vrai sujet de ce gros bouquin bien écrit, qui se lit vite, même si un excès d’érudition peut parfois rebuter.

Les thème central est heureusement simple : une journaliste minable et famélique ramène de Tambouctou un grimoire, un codex aux pages en papyrus, écrit dans une langue qui paraît étrange : le syriaque, une variété de l’araméen pratiqué au Proche-Orient durant des siècles. Et le déchiffrage du document laisse penser qu’il s’agit du “testament de Mahomet”, qui est réputé de pas en avoir laissé derrière lui après sa mort. A partir de ce schéma simple se développe une intrigue échevelée dans laquelle on voit différents groupes chercher à s’emparer du document ; d’autres à le détruire parce qu’il serait iconoclaste… En bref, la lutte finit par mettre Paris à feu et à sang.

Mais l’intérêt véritable du bouquin est dans l’analyse extraordinairement fine de l’Islam actuel, et de l’Islam des origines, qui explique les guerres sans merci que mènent les sectes musulmanes. Où l’on découvre en particulier que la doctrine de l’Islam ne serait qu’un avatar du judaïsme transmis par le christianisme ancien. La thèse est très fortement argumentée, on comprend vraiment les mécanismes de fonctionnement des innombrables factions qui mettent le feu au monde. Comme manière de nous initier, c’est très malin : jamais je n’aurais acheté un ouvrage théorique sur l’évolution de l’Islam. Là, j’ai été obligé de lire.

Une citation, qui répond à la question : qu’est-ce que nous apportent les gnoses chrétiennes, juives et musulmanes :

” Le sens du relatif et beaucoup de richesses. Ne pas croire que le monde commence avec nous sous prétexte que l’on possède la dernière [foi ? Croyance ]. Révélation, enrichir sa foi avec des intuitions venues d’ailleurs. Permettre aux traditions religieuses de se mirer les unes les autres”.

C’est assez énigmatique pour rendre inévitable une lecture approfondie de ce texte étrange.

Blake et Mortimer : la malédiction des trente deniers

28 décembre 2009

BD – Jean an Hamme, René Sterne, Chantal de Spiegeleer -  Novembre 2009 – Editions Blake et Mortimer -

C’est l’un de mes cadeaux de noël, et je ne résiste pas à l’amusement de vous rendre compte de cette belle BD, dans le plus pur style de la “ligne claire” belge. Vous voyez que je suis toujours aussi peu sérieux.

L’histoire est organisée autour des personnages inventés par feu Edgar P. Jacobs. Le scénario a été amorcé par René Sterne, relayé après son décès subit par sa femme Chantal de Spiegeleer. C’est le sixième album consacré au duo depuis la mort d’Edgar P. Jacobs.

La recette est toujours identique : un grand méchant abominable – évidemment un nazi échappé de l’enfer – menace le monde pour prendre sa vengeance. Cette fois grâce au pouvoir considéré comme maléfique des “trente deniers de Juda”, prix reçu par l’apôtre félon pour sa trahison, retrouvés par hasard lors d’un tremblement de terre en Grèce. Le capitaine Francis Blake, l’officier des services britanniques et le professeur Philip Mortimer ont pour mission de neutraliser l’atroce nazi, Rainer Von Stahl, alias Belu Beloukian.

La documentation est impeccable, le scénario est bien ficelé mais nous laisse sur notre faim puisque cet album n’est que le premier volet d’un diptyque. La dernière image nous montre Mortimer abandonné sur un dinghy sans rames au beau milieu de la Méditerranée. Deuxième déception, et de taille, celle-ci, le capitaine Blake n’apparaît que de façon fugitive au début de l’album. Ensuite, exit. Espérons qu’on le reverra dans le deuxième partie de cette histoire.

Le musée du Palais du Luxembourg fermé en 2010. Provisoirement ?

28 décembre 2009

Le Parisien révèle que le Musée du Luxembourg sera fermé le 17 janvier à l’issue de l’exposition en cours consacré à Tiffany.

Le 1er juillet, le président du Sénat, Gérard Larcher, avait annoncé qu’il mettait fin à l’exploitation du Musée du Luxembourg, dans le 6e arrondissement de Paris, par la société SVO Art. Deux expositions en préparation, dont une sur “Les bateaux et les impressionnistes”, sont annulées. Depuis 2000, la société SVO Art a organisé dans ce musée du Sénat de nombreuses expositions à succès. Aucune nouvelle ne sera organisée en 2010, mais le Sénat espère rouvrir, “sans doute au début de 2011″, avec un nouveau repreneur. Les 25 salariés du musée, et les 75 postes induits par son activité, seront licenciés.

Le Sénat entend exercer un contrôle plus étroit sur ce musée. Il a lancé un appel d’offres en vue d’établir une délégation de service public (DSP) pour l’exploitation du musée. Mais “les conditions de l’appel d’offres sont trop contraignantes”, estime un employé interrogé par Le Parisien, qui donne comme exemple le fait que le nouvel opérateur devra prendre à son compte l’entretien des lieux et que les tarifs d’entrée devront être plus bas. En attendant,

Document : métier de chien

29 décembre 2009

par Marc Leboutin. Editions Privé. Probablement non disponible à la vente, retiré du commerce par le nouveau propriétaire des Editions Privé, naguère animées par Guy Birenbaum.

Leboutin a été officier de police. Il a tenté de raconter avec honnêteté sa vie de flic au quotidien, observant que “la plupart des ouvrages sur la police ne parlent jamais vraiment du quotidien. Souvent écrits par des auteurs soucieux avant tout de leur propre mise en scène”. Ensuite, les chapitres s’enchaînent sans fioritures.

Propos initial : dès l’année 2002, Marc Louboutin assiste à une invasion étrange. Des ” Nicolas ” apparaissent partout. L’auteur se souvient alors qu’il a été, dans une autre existence, officier de police durant seize ans. Il a travaillé à l’époque à Paris, Chambéry et Quimper. Mais un jour, il a décidé de rendre les armes et de démissionner. Fin 2006, Marc Louboutin prend l’un de ces ” Nicolas ” par la main et replonge avec lui dans son passé.
Pour qu’au-delà du mot ” sécurité ” chacun comprenne enfin ce que le métier de policier peut signifier, en matière d’horreur, de violence, de reniement de soi, d’éducation… De l’arrestation d’une balle en pleine tête d’un ” ennemi ” public à la fréquentation quotidienne de dealers porteurs d’une mort opiacée, en passant par-dessus les cadavres, Marc Louboutin nous décrit ce métier de chien qui fut le sien.
De ce voyage, on retiendra que rien ne se passe comme on l’affirme dans les discussions de salon, on apprendra qu’un policier doit parfois violer la loi pour la faire respecter. Qu’un bon commissaire, pour l’administration, n’est pas toujours celui qui dit la vérité. Et surtout que les héros de la sécurité sont aussi parfois des victimes.

Après avoir quitté la police, Leboutin est devenu journaliste, chroniqueur de voyages. Puis rien du tout. Aujourd’hui il anime sur Facebook une page où peuvent s’exprimer les policiers, et il est, à l’occasion, consultant en sécurité.

Si vous trouvez sur le marché de l’occasion un exemplaire disponible, précipitez-vous.

Roman – Démon – quelques éclairs géniaux dans un magma

2 décembre 2009

Démon est un roman écrit par Thierry Hesse, aux Editions l’Olivier.

A côté de quelques scènes fascinantes, parmi lesquelles une formidable description de la mort de Staline, ce roman est une sorte de fatras, un pantin désarticulé. Il ne raconte pas une histoire, mais, trop souvent il se contente d’étaler des connaissances qui semblent pompées sur Google ou dans des livres d’histoire trop vite avalés. C’est tout et n’importe quoi : un procès aux Assises à Caen, d’improbables reportages sur des inondations – il doit se nicher quelque part un symbole philosophique que je ne saisis pas -, des scènes de guerre à Grozny, une visite au site du Vel d’Hiv, rue Nelaton à Paris. Dont l’auteur semble ignorer qu’il a été longtemps occupé par la police, la DST. Sa vision du métier de grand reporter serait hilarante si elle n’était pas si fausse… Il est peut-être bien documenté, mais pas là où il faut, ni quand il faut.

Candidat au Goncourt ? Le jury serait tombé plutôt assez bas tant ce texte sans queue ni tête est éloigné de la conception même la plus basique de l’art romanesque. Son portrait de “reporter” prouve à tout le moins que ce professeur de philosophie entretient une vision assez singulière de ce métier. L’égal de Tolstoï, est-il suggéré sur la 4° de couverture !

Quel dommage d’avoir raté un si beau thème de roman : aller à la découverte d’un père qui n’a jamais parlé, pourquoi n’avoir pas parlé avant son suicide ; enquête sur ses parents venus de nulle part. Hesse a préféré se rouler dans le chicheton, comme on dit se rouler dans la boue. En vérité, je suis même furieux de voir des critiques considérer ce truc comme de la bonne littérature.

La vérité est que Thierry Hesse est peut-être un bon prof de philo, mais pour le moment un écrivain pas encore devenu. En tout cas à des années lumières de Tolstoï et de Dos Passos dont il revendique l’héritage.

6929-Entretien-avec-Thierry-Hesse.html

Roman : courts circuits, Alain Fleisher

4 janvier 2010

Courts circuits, roman, Alain Fleisher, Editions du Cherche Midi ( billet “in progress”, en construction)

On doit se laisser submerger par ce texte étonnant, sans queue ni tête, mais emporté par le tourbillon et la magie du mot et d’histoires improbables… On court de l’une à l’autre, on saute de la Tchéquie à l’Amazone en passant par l’Italie, le Mali et Londres, la Hongrie et la Californie. De la petite pute assassinée au professeur de pédiatrie de Stanford, du vieux tailleur hongrois oeuvrant au fond de sa boutique dans une ville perdue de Tchéquie, de l’aventurier pianiste égaré dans la forêt équatoriale, du missionnaire québécois violant une morte… Toute une vie, tout un univers. Des personnages toujours profondément vivants même quand ils ne sont esquissés qu’en quelques lignes. Au menu humour ravageur, autodérision, un pessimisme profond sur l’espèce humain. Sur toutes les espèces.

C’est un gros bouquin, on l’observe comme un gros bouquin, on est un peu effrayé. Et voici qu’on plonge,, qu’on ne peut plus s’en sortir, on est soulevé par les vagues tumultueuses

Télévision : les rois mages, agents de propagande ?

11 janvier 2010

Arte nous a servi le vendredi une de ses très grandes émissions dont elle a le secret : spectacle, information, réflexion. Les Rois mages étaient cette fois-ci la cible. Tout sur les rois mages, omniprésents dans l’imaginaire chrétien, et non moins quasiment absent de la saga évangélique, hormis une douzaine de lignes dans l’évangile de Mathieu.

Tout sur les rois mages, et surtout sur leur manipulation, sur leur utilisation à travers les siècles par l’église catholique comme agents de propagande. Le commentaire n’hésitant pas à qualifier d’affabulations les récits qui nous ont toujours été servis par l’Eglise. En bref, les Rois mages n’ont jamais existé, mais ils ont beaucoup servi.

C’est surtout l’occasion de montrer une somptueuse iconographie. Le vrai miracle des Rois mages n’est-il pas d’avoir suscité une oeuvre artistique aussi prolifique, aussi belle ?

Un derneir moint

Des rois mages au FBI en passant par le cinéma américain

12 janvier 2010

Par hasard, j’ai regardé un documentaire télé et assisté à une conférence apparemment sans rapport l’un avec l’autre. Je vous ai parlé du documentaire diffusé sur Arte, consacré aux Rois mages, et à leur utilisation dans l’histoire. La conférence était présentée lundi soir par Philippe Hayez à Sc Po, dans le cadre du METIS, un groupe de recherche lié à l’Ecole de la rue St-Guillaume : elle était consacrée à la place et à l’utilisation des “espions” et des “ennemis” dans le cinéma américain, notamment dans l’immédiat après deuxième guerre mondiale. On y a beaucoup parlé d’Henry Hathaway – en particulier de son film “La maison de la 92° rue” -, de Samuel Fuller, du FBI et surtout de la série des James Bond et du propos singulier de Ian Fleming, une série qualifiée par l’un des intervenants comme des “contes de fée pour adultes”.

Vous ne voyez toujours pas le rapport. Il est pourtant simple : les rois mages et les films dits d’espionnage, et tout particulièrement les James Bond, apparaissent comme de purs outils de propagande. A travers les images des uns et des autres, on tente de désigner et de détruire l’ennemi. Cet emploi du cinéma est flagrant dans tous les films américains plus ou moins liés aux questions de guerre dans les années 1940 et 1950. Même les petits cochons de Walt Dysney avaient été mobilisés.

Cette conférence était la quatrième et dernière consacrée à l’espionnage. La série suivante portera sur le contrôle parlementaire des services de renseignement, une question que j’ai largement évoqué dans mon livre “Dans le secret des Services”.

Et, pendant que j’y suis : je vous conseille de regarder sur Canal + le 5 février à 22 h 25 : En bonne intelligence, espions et cinéma français”, un documentaire de Jérôme Chauvelot


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