Archive for juin 2009

A lire : fichiers de police

30 juin 2009

Désolé, Alain Bauer est encore dans le coup ! Que Sais-Je Fichiers de Police 2009

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Dasquié, la ville des mensonges, roman

27 juin 2009

La Ville des mensonges, roman, Guillaume Dasquié, Robert Laffont, printemps 2009

Le cas mérite d’être médité : comment ce petit mec au visage poupin, dont l’accent du sud-ouest affleure encore, est-il tombé dans ce délire qui l’a conduit à composer et à écrire cet étrange roman : la Ville des mensonge ?

Mystère de la création littéraire qui peut conduire un bon spécialiste de l’information et du renseignement à plonger dans un monde délirant, à rendre compte d’une monde délirant, à coucher sur le papier un monde délirant.

Guillaume Dasquié démontre avec son premier roman une capacité, pourquoi ne pas aller jusqu’à une puissance d’imagination, qui le hisse dans un monde quasi parallèle d’une originalité absolue.

Nous nous connaissons depuis longtemps, depuis qu’a son invitation  j’ai été parler du terrorisme à Science-Po Toulouse, il y a être vingt ans.  Je le savais ambitieux. Plus qu’ambitieux. Capable de tout pour avancer. Et puis, hop, un jour, après la mort de son père qui l’a profondément affecté, il est parti en extrême orient, à Hong Kong, pour nous ramener cet objet étrange, surprenant. Angoissant. Il a disparu presque un année, laissant en plan son Geopolitique.com. Et ses collaborations. Il s’est perdu dans l’écriture.

En avançant j’ai mieux compris. Ce roman est un « produit dérivé » de sa pratique assidue du kung fu. Du combat et de la philosophie du Kung fu. Qui l’ont entraîné dans les méandres des civilisations métissées de HK. Je comprends aujourd’hui le sens de son téléphone passé de la-bas alors qu’il voguait à bord d’un ferry entre HK et Macau.

L’histoire par exemple : elle réunit un jeune yuppie d’origine libanaise qui fuit la guerre civile. Il est recruté par un ancien espion britannique pour travailler sous la houlette de la Bank of China, dont nul ne devrait ignorer qu’elle appartient à la Chine communiste. Sous l’autorité d’une dame suicidaire qui tente tout pour que le cancer l’atteigne etla ronge. Laquelle dame manipule une antthropologue allemande censée être la soeur d’Ulrike Meinhof qui tente de démontrer qu’homo sapiens sapiens est un génocidaire qui a éliminé tous les hominidés développés hors de son espèce.

Alors que des émeutes de la faim ravagent le monde, ce quatuor étrange projette de provoquer la révolution globale rêvée par les descendants immatures des trotskystes.

Le portrait de HK est tout à fait conforme à ce que j’y ai vu.

Ce quelques lignes vous permettront de comprendre que ce roman ne se raconte pas. Il faut se laisser submerger.

Pour un premier roman, c’est en effet plus qu’intéressant. Dasquié sait camper avec force et finesse des personnages, leur permettre de vivre. Dans son prochain opus il devra cependant prendre un peu moins la parole philosophique  pour se consacrer plus au récit proprement dit.

Roman : 69, année politique, Francis Zamponi

18 juin 2009

69, année politique, roman par Francis ZAMPONI – Le Seuil, juin 2009

Comment se construit une machination politique ? Quelques mois après les « événements » qui ont mis le pays en ébullition, la lutte fait rage, dans le clan gaulliste, entre les prétendants à la succession du Général. Dans la vieille garde, comme dans la plus jeune, certains ne veulent pas voir Georges Pompidou devenir président. Lui s’y voit déjà. C’est dans ce contexte qu’éclate l’affaire Markovic, du nom d’un garde du corps d’Alain Delon, retrouvé assassiné quelques mois avant le retrait de De Gaulle. Bientôt, des photos circulent : on y verrait ce qu’on appelait alors des parties fines, où apparaîtraient soudain, en tenue ma foi fort légère, le dénommé Markovic et Mme Pompidou… La rumeur enfle, le piège se resserre, la machination est en place même si, on le sait, elle échouera. Pompidou sera élu.

Quarante ans plus tard, impliqué dans une affaire qui tient beaucoup de Clearstream, et devant une jeune juge d’instruction peu soucieuse des querelles et des scandales politiques du passé, un ancien des services secrets et du SAC nous donnent enfin le dessous des cartes. Le récit d’une manipulation politique devenue le mètre étalon de tous coups tordus du genre. Francis Zamponi, journaliste, spécialiste des questions de police et de défense, est aussi un romancier. Son dernier ouvrage, Le Boucher de Guelma, a paru au Seuil en 2007.

DocuDrama : les Livres qui tuent, Robert Denoël

18 juin 2009

Version corrigée le 18 juin 2009

Quelle est la part de responsabilité d’un éditeur dans la diffusion des idées ? Et surtout des idées mortifères, fascistes et racistes ? La liberté d’éditer est-elle sans limite ? L’engagement de l’éditeur peut-il le conduire jusqu’à la mort ?

Ce sont les questions posées par ce DocuDrama assez singulier, qui tente de nous donner sinon une solution du moins une explication au meurtre de l’éditeur Robert Denoël en 1945.

Le 2 décembre 1945 en fin d’après-midi, Robert Denoël est assassiné d’une balle dans le dos, square des Invalides.

Son amie Jeanne Loviton s’était absentée quelques instants pour chercher un téléphone, elle l’a retrouvé étalé sur la chaussée, face contre terre.

Les enquêtes policières n’aboutiront jamais, l’affaire est classée sans suite malgré une instruction longue de plusieurs années.

La vérité est qu’on ne sait rien sur ce meurtre, sinon que la victime était un Belge, un de ces éditeurs parisiens qui ont continué à travailler, et beaucoup, durant l’Occupation. Dominés par l’extrême droite raciste, et dépendant largement des Nazis pour les livraisons de papier.

Le film « Les livres qui tuent » s’appuie sur les éléments d’enquête connus. Le scénario de Grumberg s’appuie probablement sur les éléments connus de l’enquête et sur la biographie romancée due à l’Américaine Louise Staman : “With the Stroke of a Pen” (version française : “Assassinat d’un éditeur à la Libération”). Il existe aussi un livre de souvenirs rédigés par Mme Cécile Denoël, épouse légitime et évincée mais il n’a pas été rendu public.

Le livre de Mme Staman est un vrai faux roman, où tous les noms sont cités en clair.
Lire à ce propos un long papier d’Henry Thyssens, sur ce « roman » à clés translucides
http://louisferdinandceline.free.fr/indexthe/denoel/assa.htm

P1040992A partir de ces éléments peu copieux, le scénariste Jean-Claude Grumberg a tricoté son histoire à lui. Pour donner du corps à l’enquête, il l’incarne dans le personnage d’un reporter belge à la Tintin – Lorant Deutsch est fort crédible dans ce rôle –  chargé d’élucider l’affaire pour le quotidien « L’Express liégeois ». Le début semble une pantalonnade chic et allègre, mais le polar tourne au vinaigre quand le journaliste, Léon Lenoir, révèle qu’il est en fait Léo Schwarz et que ses parents ont disparu dans des camps de concentration nazi.

Ce choix peut accréditer l’idée que Denoël ait été victime non pas de voyous, de rôdeurs, ou pire, d’un GI américain noir, mais – thèse 1 – d’un règlement de comptes facilitant le transfert des Editions Denoël aux Editions Gallimard comme le suggérait la veuve, mais qui semble peu crédible, ou – thèse 2 qui clôt le film – d’une exécution sommaire exécutée par vengeance par un ancien résistant de confession juive.

De toute façon, climat glauque bien rendu. La comédie initiale m’a surpris, mais j’ai fini par être convaincu. Elle justifie l’enquête et permet d’en comprendre les tenants et aboutissants complexes.

A retenir : l’histoire du Résistant exécuteur des hauts et basses œuvres qui après la guerre a fondé et géré un orphelinat pour enfants perdus. C’est joliment raconté.

Il est étonnant de voir à l’origine du film Jean-Pierre Guérin, qui n’est pas juif et qui est né en 1940, donc ne pouvant connaître cette époque. Guérin m’a confié :

«  Les gens me trouvent curieux. Qu’en pense-tu ? »

Nous avons longtemps travaillé ensemble à TF1
P1040990J’ai assisté à la projection en avant-première de ce film de Denys Granier-Deferre « Les livres qui tuent », 93 minutes, sur un scénario de Jean-Claude Grumberg.
La programmation sur France 2 n’est pas encore déterminée. A l’automne, peut-être…
Produit par GMT Productions – Jean-Pierre Guérin – et France 2.
avec Lorant Deutsch, Blanche Gardin, Hubert Saint-Macary
A la SGDL, 3 juin 2009, Hôtel de Massa, Sous la présidence, de Alain Absire, président de la Société des Gens de Lettres.
La projection a été suivie d’un dialogue entre la salle, le réalisateur et le scénariste, présentés par Catherine Borgella.

Mode d’emploi du blog Culture

1 juin 2009

Les billets sont répartis entre les « trois cultures » : livres, roman et documents ; cinéma ; expositions.

Je vais progressivement réintégrer les billets « culturels » publié sur mon blog principal pour les réintégrer dans les pages de ce blog culturel

C’est déjà effectué pour le cinéma, les livres et le théâtre.