Archive for juillet 2009

Corse : L’affaire Colonna, une bataille de presse

31 juillet 2009

Gérard Amaté est libraire à Lyon. Il n’aime pas l’Etat. Et encore moins la justice mal rendue. D’où son livre « de colère » publié par les Editions Jean-Paul Bayol à Alès :

L’affaire Colonna, une bataille de presse, par Gérard Amaté.

« Bien entendu, écrit-il, les journaux [ont rendu compte des deux procès Colonna], mais les rôles traditionnellement dévolus à la « presse de gauche »t à la « presse de droite » ont été dans cette triste mascarade totalement chamboulés. Certains journaux s’indignèrent de cette justice d’exception. La plupart se turent. D’autres aidèrent au crime. On assista alors à un spectacle étrange. Une presse, prétendument soucieuse des Droits de l’homme et de slibertés fondmentles, préféra à ces principes affichés ceux de la raison d’Etat, alors que des quotidiens réputés plus conservateurs s’indignient des comportemtns des juges et d’une codmanation prévisible, décidée à l’avance et ailleurs que devnt une Cour de justice […] C’est en réalité l’ensemble de la grande presse liée au PS et au PC qui fut, dans cette affaire, du même avis que la police et la justice d’exception […] Les héritiers de Jaurès, Léon Blum, et du dreyfusisme avaient en la circonstance, l’air d’être ceux de Drumont, Laurrs et l’Action française ».

Gageons que les journaux de gauche en question ne se reconnaitront pas dans ce portrait tracé au vitriol. Et, comme par hasard, comme je l’ai déjà souligné à plusieurs reprises, les éditeurs pendant vers le même bord politique ont également décidé de respecter une omerta absolue sur l’affaire Colonna.

Dans ce parti prix « anti Colonna » de la presse de gauche, l’auteur ne manque pas d’impliquer, nons sans arguments, deux caciques socialistes : Jean-Pierre Chevènement, Ministre de l’Intérieur au moment de l’affaire Erignac et lors du premiers stade de l’enquête, et François Hollande. Tous deux considérés comme coupables de la trahison commise par le Parti socialiste à l’égard des Droits de l’Homme. Amaté n’hésite d’ailleurs pas à suggérer que cette trahison particulière s’inscrit dans la trahison générale commise par le Parti socialiste vis-à-vis de ses valeurs fondamentales. Le raisonnement ne laisse pas d’être convaincant.

L’affaire Colonna, une bataille de presse, par Gérard Amété, 153 pages. Editions Jean-Pierre Bayol à Alès. Parution fin août 2009

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Black, le film

17 juillet 2009

réalisation : Pierre Laffargue. Scénario : Lucio Mad, Gabor Rassov, Pierre Laffargue. Avec MC Jean Gab’1 et Carole Keremara. 1 h 55

A première vue, Black est un film de Série B assez simpliste, parfois caricatural. Vraiment distrayant : l’histoire d’un braqueur d’origine sénégalaise qui, ne réussissant pas à Paris, tente le “grand coup” contre une banque de Dakar où est déposée une grosse poignée de diamants. Malheureusement, de méchants mercenaires blancs ont eu vent de l’affaire. Entre les deux équipes  s’engage une course de vitesse pour s’emparer du magot magique. Belle occasion de grandes scènes d’action dans les quartiers surpeuplés et déshérités de Dakar. Le sang coule, le cadavres parsèment l’itinéraire, selon les bonnes règles du gore. C’est un vrai polar Black et noir, enlevé et même frénétique, plutôt bien ficelé – même si on ne doit guère s’attarder sur les invraisemblances du scénario, des invraisemblances quasiment conventionnelles pour une série B -. Le héros principal McJean Gab’1, un bon rapeur, est excellent dans le rôle principal avec ses superbes biceps et une musique désormais classique pour le milieu.

Cette première lecture masque un deuxième niveau, moins évident, illustré par toute la fin du film qui bascule dans la magie. Après une très belle scène d’initiation à l’âge d’homme, Black doit affronter un très méchant blanc trafiquant et sa maîtresse sorcière africaine, un griot lui a annoncé que ce combat serait celui du Lion et de la Panthère. Ce virage est naturellement incompréhensible quand on ignore la culture du continent noir moderne. En effet la légende mise en scène est manifestement inspirée par plusieurs auteurs africains, tout particulièrement Ahmadou Kourouma – le guerrier malinké – qui s’est   illustré en particulier par son roman publié en 1994, En attendant le vote des bêtes sauvages, racontant l’histoire d’un chasseur de la « tribu des hommes nus » qui devient dictateur. La symbolique est évidente pour ceux qui savent : les Africains exilés en Europe doivent se réapproprier leur culture ancestrale pour survivre. Comme le dossier de presse n’explicite pas cette liaison, les critiques de cinéma ne pouvaient pas comprendre.

Il faut savoir que Lucio Mad, le premier scénariste, était un expert de l’Afrique, ami de Kourouma, grand admirateur d’Hampaté Ba, excellent connaisseur du Sénégal où il avait séjourné longtemps, contribuant à faire éditer en France plusieurs écrivains sénégalais.

Troisième tiroir ouvert dans cette deuxième lecture. Sans oublier la critique virulente des néocolonialistes, le portrait de Dakar et des Sénégalais présenté dans Black est plus que dur. Une ville en déshérence, une population miséreuse qui ne survit que grâce aux trafics et arnaques en tous genres. Des élites locales corrompues. Une vision très pessimiste, symbolisée par le retour en France de notre braqueur déçu par son pays d’origine. Une vision qui rejoint les espoirs et les illusions des cohortes de clandestins qui croient qu’en France, même très dure la vie est quand même mieux qu’au Sénégal.

Je rappelle que Lucio Mad était mon fils. Il avait entamé l’écriture de ce scénario bien avant d’être malade. Il nous a quitté pour son Paradis B le 31 août 2005. Il est bien que son dernier grand chantier ait été mené à bien grâce au producteur Marco Cherki, à Gabor Rassov, mon autre fils, et Pierre Laffargue, le réalisateur et co-scénariste.

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Voir le site : http://www.blacklefilm.com

Après l’Océan, film

13 juillet 2009

“Après l’océan”, un film réalisé par Eliane de Latour, 1h 45, avec les comédiens Ivoiriens Jimmy Danger, Michel Bohiri, Gabriel Zahon, Djédjé Apali, Angeline Nadié… et l’Anglais Fraser James.

C’est est l’histoire de deux jeunes gens, Otho et Shad. L’un Ivoirien et l’autre Libérien. Ces deux amis ont quitté Abidjan pour nourrir le rêve européen et revenir en héros dans leur pays. Mais une descente musclée de la police les sépare. Otho, reconduit à la frontière, rentre dans son pays sans rien. Son entourage, déçu, crie à une malédiction. Shad, quant à lui, réussit tant bien que mal à échapper à la police. Il poursuit alors son aventure “en cascadeur”, à travers l’Europe. Arrivera-t-il à s’en sortir mieux que son ami et à quel prix ?…

Ce film, ouvre un autre regard sur l’immigration clandestine. Au-delà de l’aspect dramatique que dévoile le phénomène de l’immigration avec ses naufrages et ses rapatriements, elle révèle “les rêves de ces jeunes Africains portés par l’envie d’aller chercher les petites graines pour revenir nourrir l’Afrique”.

La réalisatrice met un accent particulier sur la musique du film, jouée en général par des artistes ivoiriens, tant professionnels qu’amateurs.

“Abidjan, riche d’un tiers d’étrangers, est le siège d’un phénomène vocal unique. D’origines diverses, chaque artiste se forge un destin musical dont l’identité hybridée reste forte. J’ai cherché une unité musicale et sonore qui dépasse les vieux clivages “tradition- modernité” pour atteindre les strates profondes et communes à cette ville unique ”.

La sortie officielle de “Après l’océan” était prévue pour le 30 mai prochain en Côte d’Ivoire et le 8 juillet 2009 en France. Des projections gratuites de ce film produit par la France, la Côte d’Ivoire ( avec notamment le soutien du Président ivoirien Laurent Gbagbo) et l’Angleterre sont également prévues du 29 mai au 2 juin dans plusieurs communes d’Abidjan. Avec en prime, des mini-concerts donnés par les musiciens intervenus dans le film (au nombre de 17)

Mon fils Lucio Mad, auteur du roman « Les  Trafiqueurs » (1995, Gallimard, La Noire), aurait certainement apprécié ce film. Il mettait en scène des petites mains du trafic de faux papiers en Côte d’Ivoire, en vue d’immigration clandestine.