Cinéma : l’affaire Farewell

L’affaire Farewell, réalisé par Christian Carion, 1 h 53, avec Emir Kusturika dans le rôle de Grigoriev – dans la réalité le colonel Vetrov – , Guillaume Canet comme agent manipulateur français, Alexandra Maria Lara, etc.

J’ai hésité à aller voir ce film consacré à l’Affaire Farewell, dans la mesure où je connaissais plutôt bien cette saga d’espionnage, pour avoir recueilli le témoignage du principal protagoniste français Paul. Lequel considère que le film n’a guère à voir avec la réalité.

Ce qui n’est pas tout à fait exact. Il y a bien sûr des arrangements importants avec les faits dans ce qui a été sans aucun doute la plus sensationnelle des affaires d’espionnage conduite par les Français. Une opération commencée à la fin des années 1970, qui a très probablement contribué à la chute de l’Empire soviétique, en 1981.

Le principal arrangement affecte le personnage du Français, ici dénommé Fournet. Il n’a pas éé ce petit mec de l’ambassade de France plutôt apeuré, forcé d’avancer. Mais un immense bonhomme, deux mètres de haut, officier de carrière, attaché militaire adjoint à l’ambassade, qui a géré parfaitement les évènements. En particulier, contrairement à ce que suggère le film, il a toujours respecté avec rigueur les règles de sécurité. Au point que Vetrov n’a jamais été identifié avec précision par le contre-espionnage soviétique.

En gros, le film suit d’assez près la réalité pendant les deux tiers de sa durée, il explique avec clarté quels ont été les ravages des révélations de Vetrov dans les services soviétiques, comment elles ont permis aux Etats-Unis de rattraper la totalité de leur retard en matière de renseignement.

Tout est gâché par la fin. Pour le scénariste Vetrov a été pris à cause de comportements erronés, en raison d’affaires sentimentales à l’eau de rose. Ce qui est faux. Vetrov a été pris parce qu’il a tenté d’assassiner sa maîtresse et a tué un policier soviétique par la même occasion. De même, dans le film, le Français s’échappe dans une grande chevauchée sur routes enneigées vers la Finlande. Dans la réalité il a été rapatrié d’urgence à Paris après que Vetrov eut coupé les ponts.

En Grigoriev-Vetrov allumé, Kusturika est convaincant, tout comme Niels Arestrup en patron de la DST. « Francçois Mitterrand », « Ronald Reagan », Michaïl Gorbatchev sont eux aussi très crédibles. En revanche, Canet m’a paru un peu mièvre pour ce rôle exceptionnel. Il ne boit de la vodka que du bout des lèvres, alors qu’entre Paul et Vetrov s’était établie une amitié en grande partie fondée sur la vodka, si solide qu’elle perdure encore dans l’esprit de Paul.C’est lui qui me l’a encore écrit il y a peu.

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