Archive for novembre 2009

Un écrivain sympa et gonflé : Mordillat

26 novembre 2009

Gérard Mordillat est un écrivain sympa et gonflé, il en reste. BiblioObs nous révèle son choix

Xavier Darcos devrait remettra le 7 décembre prochain le premier «prix littéraire du roman d’entreprise». Parmi les trois finalistes de la sélection figure Gérard Mordillat, pour «Notre part des ténèbres» (Calmann-Levy). Mordillat n’y va pas par quatre chemins.

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«Je n’irai pas à la remise du prix, d’une parce que je suis dans les finitions de ma série «Les Vivants et les morts» (8×52′ d’après mon roman pour France 2 et Arte) et de deux parce que je ne veux pas être dans l’obligation de serrer la main – même au titre de simple politesse – à un membre d’un gouvernement qui s’enorgueillit d’avoir un ministère du racisme et de la xénophobie, qui stigmatise les chômeurs comme des feignants et les salariés comme des privilégiés, qui taxe les indemnités des accidentés du travail etc, bref qui développe une philosophie facho-libérale que tout en moi réprouve, que tout en moi combat.

Mais a-t-il vraiment le droit de s’exprimer ?

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Document : histoire secrète du patronat

26 novembre 2009

Document : Histoire secrète du patronat, sous la direction de Benoît Colombat et David Servenay, Ed La Découverte. 719 pages. Index, sources

C’est un énorme pavé, à la hauteur de son ambition. Bien qu’en principe – et peut-être par principe – je sois plutôt hostile aux livres collectifs, l’ampleur du sujet nécessitait des collaborations multiples si on voulait mener à bien le sujet. Ils sont donc cinq à s’être répartis le travail, Colombat et Servenay, bien sûr, qui ont non seulement écrit mais en plus rendu cohérent et lisse l’ensemble, puis Frédéric Charpied, Martine Orange et Erwan Seznec.

Mais le désagrément du système d’exposé par article s’efface vite tant les enquêteurs ont su trouver des perles incroyables. Ce n’est pas une histoire, mais bien une véritable encyclopédie des turpitudes commises par la patronat français de 1945 à aujourd’hui.

Il est évidemment impossible de tout citer. Aussi, de propos délibéré j’ai choisi de braquer le projecteur sur la manière utilisée par le patronat français pour recruter sa main d’oeuvre à très bon marché (au lieu de moderniser l’outil industriel) en pillant litéralement les pays voisins. Indifférent aux objurgations des gouvernement voisins, du Portugal, d’Italie, d’Espagne ; puis bientôt d’Algérie et du Maroc ont été recrutés des dizaines de milliers de travailleurs. De façon assez étonnante, au lieu de se fier à des procédures légales qui auraient permis aux arrivants de bénéficier de droits majeurs, on a « organisé l’immigration clandestine. Cette clandestinité contre laquelle certains édiles protestent tant aujourd’hui : eh bien, le patronat est à l’origine.  Mais pas de surprise, quand la conjoncture s’est retournée en 1973, après le premier choc pétrolier, les immigrés sont repassés  au statut de détestables clandestins. Belle enquête d’Erwan Seznec. Avec juste une critique : il a oublié de citer les rôles de Jacues Chirac et d’Edouard Balladur dans cette opération.

Oprah Winfrey part… chez elle

20 novembre 2009

Vraie révolution médiatique aux EU : selon le NY Times, l’animatrice vedette de CBS, Oprah Winfrey va mettre un terme à son émission “The Oprah Winfrey Show,” fin 2010 afin de se consacrer à sa propre chaine de télévision. Ms Winfrey est l’une des présentatrices les plus influentes du monde médiatique américain. Elle est en quelque sort incontournable. Mais depuis quelques temps son audience s’effritait.

Oprah Winfrey will end her talk show in September 2011.

Commentaires du New York Times

A spokeswoman for Ms. Winfrey’s production company, Harpo, confirmed Thursday evening that Ms. Winfrey would make an announcement on her show on Friday. The plans were first reported by WABC, the ABC station in New York City.

“The sun will set on the Oprah show as its 25th season draws to a close on Sept. 9, 2011,” Tim Bennett, the president of Harpo, said in a message to affiliates.

After her broadcast talk show winds down, Ms. Winfrey will concentrate on her coming cable channel, OWN: The Oprah Winfrey Network. OWN will have its premiere in January 2011, according to a person with knowledge of Ms. Winfrey’s decision who insisted on anonymity.

Ms. Winfrey, 55, informed her talk show staff of her decision on Thursday afternoon. The television world had expected that she would make a decision about the fate of her program by the end of the year.

Ms. Winfrey told her staffers that she will not transfer the show to cable. She is expected to produce new programs for OWN, and may appear on some of them.

In a statement, CBS Television Distribution said, “

We have the greatest respect for Oprah and wish her nothing but the best in her future endeavors. We know that anything she turns her hand to will be a great success. We look forward to working with her for the next several years, and hopefully afterwards as well.”

Michel Serres : même un philosophe doit être précis !

19 novembre 2009

Ce 15 novembre sur France Info, dans son dialogue avec Michel Polacco, dans la foulée de l’anniversaire de la chute du mur de Berlin, qui fut naguère la capitale de l’espionnage, le philosophe Michel Serres s’interroge sur l’espionnage, dont il définit les contours, action collective s’il en fut, où les actions totalement individuelles ne trouvent pas de place.

« L’espionnage est intemporel, et il a ses héros : Farewell, toute récente vedette d’un film assez romancé, OSS 117, James Bond, SAS, mais aussi Mata-Hari, l’espionne la plus célèbre, et le SDECE, caricaturé par Pierre Dac. Alors l’espion, un métier de gentleman ou de voyou ? »

Serres revient à plusieurs reprises sur ce concept d’action collective, soulignant qu’il ne peut en être autrement. Alors pourquoi s’être lancé dans un portrait vibrant d’Alan Türing, un mathématicien britannique, crédité de l’invention de la machine Kolossus, en fait un ordinateur déjà assez avancé, qui aurait permis de décrypter les secrets de la machine Enigma ? Voici un individu qualifié « l’un des plus grands espions de l’Histoire » qui aurait à lui seul permis de gagner la guerre de l’espionnage ? Avec un autre mathématicien, Welchman, Alan Turing est à la pointe de ces travaux de recherche, et avant la fin de la guerre, il conçoit une machine électronique, le Kolossus, qui permet de décrypter tous les messages allemands.

Michel Serres s’est totalement contredit. Et, en plus, a parlé d’un domaine qu’il ignore manifestement. Comme je l’ai expliqué dans mon livre « Dans le Secret des Services », ce sont les services du chiffre de l’armée polonaise qui dès 1939 ont percé le mystère de la machine à crypter Enigma. Le développement des contre mesures a été assuré d’abord par les services français, puis par les Britanniques dans un centre de recherche géant à Blaechter Park.

Türing n’a jamais été espion. S’il a bien été l’un des théoriciens de l’informatique moderne et a donc participé au projet Kolossus, il n’est pas « l’inventeur unique ». En effet, comme mathématicien, il a contribué à développer les algorithmes utilisés pour mettre au point les logiciels de Kolossus.

Libre à Michel Serres d’affirmer en outre que la pomme d’Appel aurait été choisie par Steve Jobs par référence à la pomme empoisonnée dans laquelle a mordu Türing pour se suicider. Cette hypothèse est plus que contestée.

A vouloir trop bien prouver, Michel Serres a surtout démontré que même un philosophe de renom doit s’informer de façon complète avant de parler.

http://www.france-info.com/chroniques-le-sens-de-l-info-2009-11-13-l-espionnage-368623-81-173.html – ancreduplayer

Walther, retour en résistance, documentaire

17 novembre 2009

Mon ami Bruneau Levy vous recommande chaudement d’aller voir pendant qu’il est temps :

Documentaire, Walther, retour en résistance, réalisation Gilles Perret, 1 h 26

Quatre sites de projection : Espace Saint-Michel 7, place Saint-Michel, 75005 Paris Pandora 6, allée Simone-Signoret (place du marché), 78260 Achères Utopia Stella 1, place Pierre-Mendès-France, 95310 Saint-Ouen-l’Aumône Les 4 Vents centre commercial Les Quatre-Vents, 77170 Brie-Comte-Robert

A travers son documentaire sur Walter Bassan, ancien résistant et ancien déporté, le réalisateur Gilles Perret interroge les valeurs du Conseil National de la Résistance que tente de mettre à bas le président Nicolas Sarkozy et sa majorité.

Le film commence par un scène inouïe : le Président plaisantant grassement en mars 2008 sur le site du plateau des Glières. Nicolas Sarkozy se rend en l’un des hauts lieux de la résistance. Devant le monument aux maquisards, à deux pas des tombes de 105 d’entre eux tombés au combat, le chef de l’État se recueille quelques dizaines de secondes. Puis se dirige vers les anciens résistants présents pour les saluer.  Regarde à peine les deux républicains espagnols venus risquer leur peau plus de soixante ans plus tôt pour cette France qu’il est censé incarner, tout juste capable de leur dire : « Très heureux. C’est formidable ! Et en plus, moi je défends les Espagnols. » Rictus amusé, il enchaîne : « Mais les Italiens sont pas mal non plus… Maintenant que je suis marié à une Italienne, hein… ». Sourire crispé, il observe un jeune militaire : « Il est beau, ce chasseur alpin ! Vous savez que j’ai été jeune, moi aussi ? » Atterrés, les anciens résistants ne disent mot, un gradé de l’armée français précise : Nous nous sommes refusés à laisser des résistants qui étaient tombés dans une embuscade enterrés dans une fosse commune. Nous les avons ramenés ici dignement », Le président ne feint même pas de se sentir concerné. Il rigole sur l’habit rose d’une membre de l’assistance. Et il faut rendre grâce à Gilles Perret, réalisateur du film Walter, retour en résistance, que d’être le seul caméraman – alors qu’ils étaient des douzaines sur place – à avoir immortalisé cette scène. Elle ne doit pas nous détourner de l’essentiel. Walter, retour en résistance, sorti dans toute la France le 4 novembre, raconte l’histoire de Walter Bassan, ancien résistant, arrêté à 17 ans en mars 1944 et déporté à Dachau.

De ce portrait intime, celui d’un homme assez résolu pour n’avoir rien renié des convictions l’ayant poussé à prendre tous les risques plus de 60 ans auparavant, de ce film serein, se dégage paradoxalement une grande force. La conviction – aussi – que les idéaux du Conseil national de la résistance ne sont pas morts, ne pourront trépasser malgré les coups de boutoir et les innombrables tentatives de récupération de la majorité. L’invitation – enfin – à ne pas baisser les bras. « Le moteur de la résistance, c’est l’indignation. Je vous conseille à tous d’avoir votre motif d’indignation, », déclare Stéphane Hessel dans le film. « L’esprit de la résistance est toujours vivant », lui fait écho Walter Bassan.


18:30

Roman : le livre des choses perdues

17 novembre 2009

Roman : Le livre des choses perdues, John Connoly, 349 pages, traduit de l’anglais irlandais, Editions de l’Archipel, septembre 2009

C’est en quelque sort un conte de fées pour adultes. Une vraie fantazy à la Britannique. Un conte de fées avec tous les personnages connus des Contes, de Blanche Neige escortés de ses sept nains au Petit Chaperon rouge en passant par la fée Mélusine, la Belle au Bois dormant et d’horribles dragons. Des forêts sombres, des châteaux fantastiques, des souterrains, des chaumières, des chevaliers. Mais un conte de fées où toutes les histoires, tous les personnages seraient détournés de leur essence pour entrer dans des sagas terrifiantes, plus noires que noires.

C’est avant tout l’histoire d’un petit garçon, David, dont la Maman est morte. Il croit l’entendre l’appeler, la nuit. Il décide de partir à sa recherche en passant dans l’autre monde, le monde invisible des peurs, des cauchemars, des légendes maléfiques. On a l’impression de plonger tout droit dans les tréfonds révélés par une psychanlyse, où les terreurs intimes s’incarneraient en personnages improbables. La référence la plus évidente est la mode des bandes dessinées noirs, à la Enki Bilal. L’auteur ne se cache même pas des références psychanalytiques. Il faut aller voir du côté de Bruno Betelheim, et de sa « psychologie des contes de fées ».

C’est aussi l’histoire du passage à l’âge d’homme, qui doit être effectué sans aide, sans appui. Papa et Maman ne sont plus là pour affronter les grandes épreuves de la vie, il faut se débrouiller seul. Je crains que, malheureusement, le livre ne soit un peu rude pour les adolescents. Même si les enfants aiment les « histoires qui font peur ». On peut toujours le leur conseiller, pour les aider à comprendre ce qui les attend dans leur vie d’adulte.

Je ne vous laisserai sur votre faim que sur un point : je ne vous dirai rien du contenu du « Livres des choses perdues » que le héros David cherche éperdument à lire.

Cinéma : A l’origine, de X.Giannoli, avec Cluzet

15 novembre 2009

Cinéma – J’ai donc vu « A l’origine », de Xavier Giannoli, avec Cluzet et Emmanuelle Devos. 2 h 30. Sélectionné au festival de Cannes.

Je pense que bientôt on ne désignera plus François Cluzet que par son seul patronyme. Tant à chaque film il avance d’un nouveau pas vers le statut non de super star, mais de très grand comédien. Capable de transcender son propre personnage, capable de donner une vie intense à des histoires sans rime ni raison. Ici celle d’un modeste escroc, plus looser que looser, Philippe Miller. qui, évidemment ne s’appelle pas plus Miller que moi. Tout juste sorti de prison, ce solitaire  vit d’expédients sur les routes. Un jour, il découvre par hasard un chantier d’autoroute abandonné, arrêté depuis des années par des écologistes qui voulaient sauver une colonie de scarabées. L’arrêt des travaux avait été une catastrophe économique pour les habitants de cette région. Philippe y voit la chance de réaliser sa plus belle escroquerie en relançant le chantier pour pomper des commissions occultes sur les entreprises participantes. Mais il se prend les pieds dans le tapis, il est dépassé par ce qui n’était qu’un jeu, une incroyable histoire… Il réussira même à construire son bout d’autoroute venu de nulle part, et qui ne va nulle part.

Le prétexte est plus que bon pour décrire avec réalisme et délicatesse une communauté plutôt rurale du Nord. Pas un village de rêve fantasmé à la Dany Boon, mais des « vrais gens », qui tentent désespérément de s’en sortir, prêt à croire n’importe qui pourvu qu’il y ait du travail pour ses habitants. Le film est inspiré d’un fait divers réel. Laurent Leguevaque, le juge d’instruction en charge de l’affaire qui s’est déroulé dans la Sarthe rapporte cet aveu étonnant du vrai personnage.« Pour la première fois de ma vie, j’étais quelqu’un »
La présence du documentariste Daniel Karlin parmi les scénaristes explique la qualité de ce qui est aussi un excellent document social

Bricombert lauréat du Prix Varenne

11 novembre 2009

Yann-Olivier Bricombert, journaliste à Ouest-France à la rédaction de Trouville, est l’un des quatre lauréats français du prix Alexandre Varenne 2009. Yann-Olivier Bricombert s’était rendu au Havre pour un reportage intitulé « Les matelots du monde accostent au Seamen’s club ». Son article présentait ce refuge pour marins de commerce du monde entier. En escale au Havre, ils trouvent au Seamen’s club de la chaleur humaine, du réconfort et des téléphones pour joindre les familles restées sur d’autres continents.

Le prix Alexandre Varenne récompense chaque année les meilleurs articles de la presse quotidienne régionale et départementale. Les trois autres lauréats de ce prix, présidé par Franz-Olivier Giesbert, sont du journal Sud-Ouest et du Berry Républicain.

Yann Olivier est l’un des nombreux jeunes journalistes que j’ai l’honneur de conseiller, à l’occasion, et qui tirent bien les fruits de mon enseignment

Héroïne : de l’Afghanistan au bocage normand, M6

11 novembre 2009

M6, zone interdite, 9 novembre. Les routes de la drogue. Réalisation Camille Le Pommelec. Présentation Melissa Thuriau 4250

Je ne voyais pas le rapport entre le bocage normand et la Bulgarie, un itinéraire suivi cet été par mon ami réalisateur de télé Camille Le Pommelec. J’ai compris en regardant le superbe documentaire qu’il a réalisé pour essayer de comprendre comment des jeunes ruraux du bocage normand pouvaient se procurer de l’héroïne, apparemment en quantités notables : il a remonté la piste, depuis les drogués, jusqu’aux fournisseurs hollandais – dénonçant au passage le laisser faire des magistrats hollandais – puis jusqu’à l’entrée de la dope en Europe, au poste frontière entre le Turquie et la Bulgarie. De la belle ouvrage, ponctués de précieux témoignages, et même de superbes paysages normands. A revoir par : M6 replay, mot clé, drogue

Goncourt : les lauréats seraient astreints au devoir de réserve ?

9 novembre 2009

Probablement furieux d’avoir vu le prix Goncourt à Marie Ndiaye, une bonne Française quoique puissent en penser certains, Eric Raoult vient d’inventer un nouveau concept politico-littéraire : les lauréats du goncourt seraient astreints à un devoir de réserve. Portant les valeurs de la culture française dans le monde, ils n’auraient plus le droit de porter des jugements sur la vie politique en France, quand ces jugements pourraient porter tort. A notre Président, par exemple. Il faut dire que l’écrivaine n’y va pas avec le dos de la cuiller lorsqu’elle s’en prend nommément au Président, à son Ministre de l’intérieur Brice Hortefeux, et au ministre de l’identité nationale, Eric Besson. Apparemment Eric Raoult voudrait que ces ce scandale. eric-raoult-rappelle-marie-ndiaye-a-son-devoir-de-reserve