Cinéma, Invictus, par Clint Eastwood

Invictus, 2 h 15 – Scénario et réalisation de Clint Eastwood. Avec Morgan Freeman, figure de Nelson Mandela, et Matt Damon en capitaine de springboks, l’équipe de rugby sud-africaine.

Disons-le tout de suite, ce nouvel opus d’Eastwood est militant sans se cacher derrière son petit doigt. Hymne à la valeur du mélange des ethnies dans un pays qui avait institué l’apartheid en doctrine politique. Hymne aussi à la personnalité de Nelson Mandela, le fondateur charismatique – et « roi » en son pays – de l’Afrique du Sud.

Au-delà de l’histoire sud africaine, ce film démontre comment le sport peut être utilisé comme une formidable arme politique, pour fondre toutes les ethniques dans le même creuset. Ce nationalisme outrancier des fanatiques du sport ne laisse d’ailleurs pas de me déranger. Qu’importe : Eastwood s’est emparé de Mandela, il l’a reforgé à son image, au point que parfois Morgan Freeman joue  » à la manière de… Eastwood » lui-même. Le film est passionnant, bien réalisé, sans la moindre faute technique au plan rubistique. J’ai juste été un peu gêné par le côté bavard et prêcheur du film. Mais Mandela lui-même n’était-il pas un vieil homme sevré d’expression quand son combat personnel l’a mené à la tête d’un pays prêt à exploser ? Et qui n’a pas explosé grâce aux options souvent dérangeantes de son Premier Président élu démocratiquement.

Il faut voir aussi cette oeuvre comme une machine de propagande.

Le contexte présenté dans l’Humanité par Jean-Emmanuel Ducoin

L’intuition politique de Nelson Mandela (« Toute la nation soutient son équipe ») se transforma en un spectaculaire et inimaginable geste de réconciliation envers les ex-dominants afrikaners, coupables d’avoir installé l’un des pires régimes du XXe siècle. Disons-le simplement. Avec ce président noir paré des couleurs boks, les Blancs ne pouvaient plus revendiquer à eux seuls une victoire acquise difficilement face aux All Blacks. Ce jour-là, toute l’Afrique du Sud triomphait devant plus d’un milliard de téléspectateurs. « Ensemble », pas « côte à côte ». Mandela éleva ce jour-là sa conscience en élevant son pays tout entier. L’ancien prisonnier politique a-t-il jamais fait autre chose ?

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